Zone d’attente carcérale à Orbe: les députés favorables
Le Grand Conseil vaudois a donné son feu vert, mardi en premier débat, à la construction d'une zone d'attente carcérale (ZAC) à Orbe. Devisé à 39,9 millions de francs, ce nouveau bâtiment de 60 places vise à désengorger les locaux de police, où la détention dépasse régulièrement les 48 heures légales.
(Keystone-ATS) La ZAC accueillera des personnes en détention avant jugement, et pour une durée qui ne devrait pas excéder trois mois. Selon le projet du Conseil d’Etat, présenté en août dernier, cette infrastructure sera pérenne et devrait ouvrir début 2028 au sein des Etablissements de la plaine de l’Orbe.
Mardi après-midi, de nombreux députés ont rappelé les conditions «illégales et inhumaines» dans les zones carcérales de police (ZC), comme à l’Hôtel de police de Lausanne ou au Centre de la gendarmerie à la Blécherette.
Jusqu’à 62 jours
La détention ne devrait pas excéder 48 heures, mais elle a pu aller jusqu’à 62 jours. Et ce dans des locaux «totalement inadaptés», sans lumière du jour, eau courante ou contact avec l’extérieur.
Les députés ont ainsi souligné «l’urgence» à agir pour se conformer au Code pénal et améliorer la situation de ces détenus tout comme celle de leurs gardiens.
Quelques critiques ont émergé au sujet du «flou juridique» entourant cette ZAC, «projet hybride» entre zone carcérale de police et détention avant jugement. D’autres élus ont rechigné sur «le prix exorbitant» du projet, à environ 700’000 francs par cellule.
Un «sparadrap»
Surtout, et comme souvent quand il s’agit des prisons vaudoises, les députés ont dénoncé la surpopulation carcérale qui sévit dans le canton depuis une quinzaine d’années. Une problématique qui ne sera pas réglée par cette ZAC, qualifiée de «sparadrap sur une hémorragie» par la socialiste Thanh-My Tran-Nhu.
Le conseiller d’Etat Vassilis Venizelos a répondu que cette ZAC ne constituait qu’un «maillon» pour lutter contre la surpopulation carcérale, d’autres mesures étant prévues, dont la construction de la future prison des Grands-Marais (410 places à l’horizon 2032).
L’objectif ne consiste toutefois pas à «construire des prisons à l’infini», a relevé le ministre en charge de la sécurité. Et de rappeler que des assises de la chaîne pénale doivent être organisées «d’ici la fin de l’année», afin justement de trouver des réponses globales à cette surpopulation carcérale.
Le crédit pour construire la ZAC a été voté avec une large majorité. Un deuxième débat sera néanmoins encore nécessaire, plusieurs députés ne souhaitant pas enchaîner mardi après-midi.