Alerte de «menace aérienne» dans la capitale saoudienne Ryad
Les habitants de Ryad ont reçu tôt dimanche une alerte envoyée sur leurs téléphones les mettant en garde contre une "menace aérienne". L'Arabie saoudite est régulièrement visée ces derniers jours par des attaques des Houthis du Yémen.
(Keystone-ATS) «Attention, la zone fait face à une menace aérienne hostile! Prière de rester calme! Restez à l’intérieur ou dans un abri éloigné des portes et fenêtres», ont pu lire les habitants de Ryad avant que l’alerte ne soit levée quelques minutes plus tard.
Des alertes ont aussi été émises dans deux régions du sud du royaume, frontalières du Yémen. L’Arabie saoudite a annoncé samedi avoir intercepté quatre drones qui visaient son territoire. Au Yémen, les Houthis ont fait état de 12 morts, dont trois enfants, dans des frappes saoudiennes ces dernières 24 heures.
Après des années d’accalmie, le conflit opposant depuis 2014 le gouvernement yéménite soutenu par Ryad aux Houthis a repris en juillet, ouvrant un nouveau front de la guerre au Moyen-Orient.
Les hostilités ont gagné en intensité en septembre, avec la prise du littoral yéménite sur la mer Rouge par les Houthis et des attaques d’une ampleur inédite contre le royaume, en particulier sur ses infrastructures pétrolières et ses aéroports.
Menaces de l’Egypte
Face aux attaques répétées des Houthis, l’Égypte envisage d’intervenir en défense de son allié saoudien. Le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, a déclaré que son pays se tenait prêt à défendre l’Arabie saoudite si elle «le demandait», précisant que tout déploiement égyptien rendrait nécessaire l’accord du Parlement.
Dans la foulée, le journal d’État Al-Ahram a annoncé que le Parlement égyptien se réunirait dimanche en séance extraordinaire pour décider d’une éventuelle assistance à Ryad.
«Je ne parle pas d’affronter ou d’attaquer qui que ce soit», a souligné M. Sissi, s’exprimant devant l’académie militaire égyptienne. «Nous parlons uniquement de défense».
L’Égypte est confrontée à une baisse des revenus du canal de Suez depuis les premières attaques des Houthis en 2023 contre des navires en mer Rouge, déclenchées en marge de la guerre dans la bande de Gaza. La prise de contrôle par les Houthis du détroit de Bab el-Mandeb, qui verrouille au sud l’accès à la mer Rouge, risque d’aggraver ces pertes.