A Davos, Moritz Leuenberger invite Karl Marx
Le président de la Confédération a ouvert jeudi le Forum économique mondial. Le Socialiste Moritz Leuenberger n'a pas résisté à la tentation de la provocation en citant Karl Marx et en le faisant - en tant que père de la première Internationale - «un pionnier de la mondialisation et un précurseur du Forum économique mondial.»
Le Palais des Congrès de Davos, qui abrite – chaque année à la fin du mois de janvier – ce rassemblement du gotha planétaire s’est transformé, pour cette édition 2001, en véritable camp retranché, isolé du reste de la ville par un rideau de fil de fer barbelé et de barrières métalliques, surveillé de très près par les forces de police, omniprésentes.
C’est dire que l’on a pris au sérieux les menaces de perturbation proférées par certains opposants au Forum. Des opposants qui comptent organiser samedi dans les rues de la station une manifestation que les autorités, craignant des débordements, ont préféré interdire,.
Davos se retrouve donc au centre du débat entre les principaux acteurs de la mondialisation et leurs critiques. Et dans son discours, le président de la
Confédération n’a pas manqué d’évoquer le sommet social qui se tient en ce moment à Porto Alegre, au Brésil – une sorte de contre-Davos.
Moritz Leuenberger a bien sûr rappelé – c’est devenu depuis quelques années l’un des éléments incontournables des discours que l’on fait à Davos – les risques de la globalisation: l’environnement menacé, le fossé entre riches et pauvres, l’inégalité devant les nouvelles technologies et la connaissance.
Mais il a aussi marqué son territoire, face aux businessmen qui forment les gros bataillons du Forum, et bien souvent adeptes du plus pur laisser-faire. Moritz Leuenberger a mis en garde contre une conception illimitée de la liberté. «Il ne faut pas que tout soit possible, a t-il ainsi insisté, car il n’y a pas de liberté sans limites.»
Ces limites, le président de la Confédération les voit notamment dans le nécessaire équilibre entre les impératifs économiques, sociaux et environnementaux. En évitant aussi, sur le plan international, toute hégémonie, politique ou culturelle.
Pierre Gobet, Davos
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