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Explosion de la physique poétique au CERN

L'antimatière, ce n'est pas uniquement fascinant, cela peut également être beau. Université de Genève

L'antimatière vous attire? C'est dans les laboratoires du CERN que la compagnie de théâtre genevoise Miméscope a établi ses quartiers pour dire combien la physique peut être poétique. Le succès du spectacle est tel que des représentations supplémentaires ont dû être agendées en février.

Miméscope ne pouvait trouver meilleur écrin que le CERN (l’Organisation européenne pour la recherche nucléaire) pour présenter «L’oracle de Delphi». Un spectacle musico-théâtral qui, certes, n’est pas une biographie, mais qui s’est inspiré de la vie du physicien anglais Paul Dirac.

En effet, en 1933, Paul Dirac se voit décerner le Prix Nobel de physique pour avoir démontré, de manière théorique et au travers des mathématiques, l’existence de l’antimatière (le double négatif de la matière).

Mais que le spectateur, novice en physique, se rassure. Il sera vite surpris de comprendre, presque malgré lui, le concept de l’antimatière, grâce à la poésie des jeux de lumières et des projections d’ombres sur les longues tulles flottantes.

«Le but est de faire partager au public les beautés de la science, le côté esthétique de la physique, explique la créatrice du spectacle, Anne Gaud Mc Kee. Et aussi la curiosité qui motive le scientifique dans ses recherches.»

Joli tour de passe-passe: une acrobate symbolise les réflexions de Paul Dirac. Cette femme enrubannée sort à un moment donné du cerveau du génial physicien anglais pour rendre visuels ses savants calculs.

«On a vraiment transposé matériellement sur scène, précise Anne Gaud McKee, ce qui se passe dans la tête du chercheur: ses doutes et ses réjouissances, les sentiments qui habitent tout créateur. Qu’il soit scientifique ou artiste.»

Autre fil conducteur qui nous fait progresser dans la découverte de Paul Dirac: sa correspondance (fictive) avec un autre savant de l’époque, Werner Eisenberg. Tous deux appartenaient en effet à ce groupe de physiciens qui inventèrent la physique quantique.

A la question pourquoi un tel succès auprès du public? Anne Gaud Mc Kee, biologiste moléculaire de formation, répond que ce doit être assez nouveau de montrer les émotions dans la science. En outre, «l’antimatière est un sujet tellement fascinant qu’il fait rêver les gens».

En guise d’épilogue, Paul Dirac (joué par le mime et co-fondateur de la troupe Miméscope, Markus Schmid) se retrouve transporté 70 ans plus tard, de nos jours, en l’an 2001, au CERN, avec toutes les machines qu’il lui faut pour prouver la véracité de sa théorie de l’antimatière.

Ainsi, dans le même temps que Paul Dirac, le spectateur découvre les fameux accélérateurs de particules de l’Organisation européenne pour la recherche nucléaire.

Emmanuel Manzi

Six représentations supplémentaires au CERN à Genève du 9 au 18 février. Les vendredi et samedi à 20h. Et le dimanche à 19h.

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