Forum de Davos: c’est dur d’être un patron
Etre PDG au 21ème siècle: mission impossible? Lundi, lors du Forum économique mondial, c'est la question que se sont posée une série de dirigeants d'entreprise, dont Daniel Vasella, de Novartis. Réponse: le job est difficile, mais pas impossible.
Comment diriger une entreprise qui doit être à la fois globale et locale? Comment faire de bons résultats chaque trimestre, mais aussi assurer une croissance à long terme? Comment être en même temps un visionnaire, un financier, un expert technologique et un communicateur charismatique?
Impossible? Les managers admettent que les conditions dans lesquelles ils exercent leur métier se sont transformées ces dernières années. «Ce qui a vraiment changé, explique ainsi Ron Sommer, qui dirige Deutsche Telekom, c’est le fait que les choses évoluent de plus en plus vite.» Et on sait tout, partout, tout de suite.
Même constat pour l’Américain Michael Capellas, le patron de Compaq, pour qui la solution consiste à communiquer de manière constante, en particulier à l’égard des employés, de manière à maintenir la confiance. Compaq va même jusqu’à réaliser des sondages d’opinion à l’interne.
Parmi les dilemmes que doivent résoudre aujourd’hui les patrons des grandes entreprises, Jeffrey Garten, professeur à la Yale School of Management, a en particulier souligné la pression que les marchés financiers et les actionnaires font peser sur les managers. Le défi: concilier le court et le long terme.
Ainsi, pour Michael Capellas, il n’y a plus vraiment de but à long terme. Il y a une vision et l’exécution d’une succession d’objectifs à court terme. Daniel Vasella, lui, met en garde. C’est bien d’avoir une vision, d’être transparent à ce propos. Mais il faut ensuite réaliser ce que l’on a promis. «On vous pardonnera une fois, peut-être deux, mais pas trois.»
Le Suisse pense d’ailleurs qu’il n’est pas possible de concilier tous les aspects de la mission du PDG, de relever tous les défis. «Il faut choisir: là où on va pouvoir faire un bon travail et là où il faut être modeste et accepter de faire moins bien.» Les priorités, pour lui: réaliser de bons produits et dégager des profits.
Mais les managers présents à Davos, pour ce débat, se sont aussi montrés sensibles à leur responsabilité sociale – un paramètre de plus pour eux. Une responsabilité qui, pour Daniel Vasella, est liée au succès. «Cela donne des emplois et des produits utiles pour la société.»
Mais elle va plus loin: «C’est aussi la responsabilité face à l’environnement, le respect des droits de l’homme, là où nous travaillons et finalement la nécessité d’une contribution en faveur des pays en voie de développement.»
Des problématiques très larges, donc. Malgré tout, les PDG réunis par le Forum économique mondial ont été unanimes: leur position est difficile, bien plus qu’il y a dix ans. Mais leur mission n’est pas impossible.
Pierre Gobet, Davos
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