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La Confédération veut sous-traiter la distribution d’héroïne

L’Office fédéral de la santé publique continuera d’attribuer les autorisations pour distribuer le produit. Keystone

La Confédération cherche une entreprise susceptible de la remplacer pour la fabrication et la livraison d'héroïne distribuée sous contrôle médical. Elle a lancé un appel d'offres limité à dix sociétés pharmaceutiques suisses et internationales.

Bien sûr, il ne s’agit pas de commercialiser la diacétylmorphine (DAM), le nom scientifique de l’héroïne. La société pharmaceutique sera chargée de la fabrication et de la livraison sur mandat de l’Etat.

Mais l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) gardera le contrôle. Il continuera d’attribuer les autorisations pour distribuer le produit, comme c’est le cas actuellement.

Une seule société sera choisie et recevra une autorisation exceptionnelle. L’un des critères de sélection est d’ordre économique. La forme injectable de la DAM devra avoir un prix aussi avantageux que possible.

Ce transfert à une entreprise privée était prévu depuis longtemps. Après la phase expérimentale de distribution d’héroïne, le peuple suisse a donné son accord à la poursuite des traitements, en juin 1999. Les autorités projetaient déjà alors de se retirer tôt ou tard du programme.

La Confédération a donc décidé de passer le témoin. Mais pourquoi à une société pharmaceutique et pas une organisation ou un organe public?

Premièrement, pour une raison pratique. «L’héroïne est un produit délicat et instable, explique Paul Dietschy, chef de l’Unité principale Agents thérapeutiques à l’OFSP. Il faut donc un spécialiste pour la fabriquer».

D’autre part, seule une société privée peut enregistrer un produit auprès de l’Office intercantonal de contrôle des médicaments (OICM). En février, l’OFSP a déposé une demande d’enregistrement de la diacétylmorphine auprès de l’OICM.

Les experts ont donné un préavis positif. Mais le nom de la société responsable doit figurer sur l’autorisation officielle délivrée pour le produit, qui sera appelé Diaphin. Une fois l’entreprise connue, le médicament pourra être enregistrer définitivement.

Et tout s’enchaîne, puisque c’est seulement alors que les caisses maladie entreront réellement en matière pour rembourser la thérapie. L’héroïne prescrite médicalement doit théoriquement être prise en charge par l’assurance de base depuis le 1er janvier 2001.

Actuellement, un peu plus de mille patients sont concernés par la distribution contrôlée d’héroïne. Les coûts annuels s’élèvent à environ 18 millions de francs.

Alexandra Richard

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