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La Suisse plus menacée que d’autres par le réchauffement climatique

Le ski en dessous de 1500 mètres devient fiction. Keystone Archive

Les experts suisses en environnement ont examiné lundi à Berne le dernier rapport international sur l'évolution du climat. Une première conclusion: pour la Suisse, les changements climatiques pourraient se révéler supérieurs à la moyenne mondiale.

Ces dernières semaines, le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (IPCC) a mis un point final à son troisième rapport. Plusieurs spécialistes suisses y ont participé. Et, lundi, ils faisaient part de leurs observations finales à une centaine de leurs collègues.

La précédente évaluation avançait avec prudence. Celle-ci dit les choses sans détour: le réchauffement constaté au cours des 50 dernières années est dans la majorité des cas une conséquence probable des activités de l’homme. N’accusons donc plus le soleil ni les volcans.

L’ambassadeur Beat Nobs, de l’Office fédéral de l’environnement, des forêts et du paysage, n’y va d’ailleurs pas par quatre chemins: «La Suisse, dit-il, approuve ce rapport sévère qui a le mérite de la clarté». Le travail de l’IPCC est par ailleurs jugé indispensable si l’on veut trouver des parades efficaces.

Qu’en est-il en Suisse et dans les Alpes de ce réchauffement dont les scientifiques ne doutent plus? Première conclusion étayée par l’observation: l’augmentation de la température et les précipitations pourraient être supérieures à la moyenne mondiale. Entre 1961 et 1990, le thermomètre suisse a gagné un degré centigrade contre 0,6 en un siècle à l’échelle planétaire.

Ce qui fait dire à Martin Beniston, directeur du Département de géosciences de l’Université de Fribourg, que «le climat suisse de demain pourrait ressembler au climat méditerranéen d’aujourd’hui». Les modèles de simulation prédisent pour les Alpes, sauf mesures drastiques, une élévation de la température de 3 à 5 degrés d’ici à la fin du siècle.

Les glaciers devraient donc reculer de plus en plus vite et les cycles hydrologiques changer de calendrier. D’où l’une des questions que se pose Martin Beniston: «comment gérer l’eau dans les barrages pour produire l’électricité aux périodes de demande énergétique de pointe?»

Quels seront les effets de ces changements climatiques sur l’agriculture suisse? «Il est probable que certaines cultures ne seront plus viables. Par contre, le recours à des produits du terroir et à des appellations d’origine contrôlée pourrait maintenir en vie une partie de l’agriculture de montagne.»

Mais la perspective la plus sombre concerne les stations de sports d’hiver. Nombre de communes d’altitude risquent de voir se tarir cette bonne source de revenus qu’était le tourisme hivernal. Le ski en dessous de 1500 mètres devient fiction et certains villages de vacances vont devoir affronter de sérieux problèmes de management à moins de faire preuve d’imagination.

Bernard Weissbrodt

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