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Le cerveau a bel et bien un sexe

Homme et femme n'utilisent pas leur cerveau de la même manière. swissinfo.ch

Depuis lundi, la Suisse vit sa quatrième «Semaine internationale du cerveau». L'occasion pour chacun d'accéder aux découvertes récentes sur la plus formidable machine de la création, dont on sait désormais qu'elle fonctionne différemment suivant que son possesseur est un homme ou une femme.

Lorsqu’elle vous écoute, une femme mobilise des zones situées symétriquement dans les deux hémisphères de son cerveau, alors qu’un homme ne sollicite que les lobes temporaux gauches, associés en principe à la fonction de compréhension du langage.

Bien mieux que le traditionnel électroencéphalogramme, la technique de l’imagerie à résonance magnétique permet désormais de détecter ce qui se passe dans les profondeurs du cerveau. Et c’est grâce à elle qu’une équipe de l’Université d’Indiana (USA) a fait cette découverte il y a juste quelques mois.

«Cela ne signifie pas forcément que la femme écoute mieux, précise le docteur Joseph Lurito, responsable de ces travaux. Ce pourrait même être plus difficile pour elle, puisqu’elle doit apparemment utiliser une plus grande partie de son cerveau pour la même fonction».

Cette différence de fonctionnement vient s’ajouter à la liste déjà longue des nuances répertoriées entre cerveau masculin et cerveau féminin. On sait par exemple que l’homme présente généralement un organe plus facilement asymétrique que la femme, chez qui les connexions entre les deux hémisphères cérébraux sont plus nombreuses.

Autre constatation: le volume crânien des hommes est un peu plus grand que celui des femmes, ce qui ne veut bien sûr pas dire que les uns soient plus intelligents que les autres.

Les progrès de la recherche ont d’ailleurs permis de briser certains clichés, notamment ceux issus du féminisme militant, qui voudraient ne voir entre les sexes que des différences résultant de l’éducation et non de la nature.

Or il est établi que les hormones agissent sur les cellules du cerveau, et ceci suffit à expliquer que les femmes souffrent en général trois fois plus souvent de migraine que les hommes. En revanche, elles récupèrent mieux leurs facultés en cas de traumatisme ou d’attaque cérébrale et leur cerveau vieillit mieux que celui des hommes.

Ces thèmes font partie de ceux qui seront abordés jusqu’au dimanche 18 mars dans une douzaine de villes suisses, sous forme de conférences, de visites de laboratoires, de spectacles et d’expositions dans les écoles.

Partie des Etats-Unis à l’initiative de la Fondation Dana – qui a engagé depuis 1991 quelque 25 millions de dollars pour la recherche sur le cerveau -, cette Semaine internationale regroupe cette année 44 pays – dont la Chine.

Dans les dix dernières années, notre connaissance du cerveau a davantage progressé qu’elle ne l’avait fait en un siècle. Il reste toutefois de nombreuses zones d’ombre quant au fonctionnement de ce prodigieux ensemble de 100 milliards de neurones, reliées entre elles par 100 000 kilomètres de fibres nerveuses, chaque cellule pouvant établir à elle seule entre 1000 et 100 000 connexions avec ses voisines.

De plus en plus donc, la science réalise que la comparaison avec un ordinateur ne tient pas. D’abord parce que le cerveau est infiniment plus complexe que la plus sophistiquée des machines, mais aussi – et surtout – parce que chaque neurone est capable de se conduire comme un véritable individu, doté à son échelle de toutes les capacités d’un organisme vivant.

Et bien sûr, la recherche sur le cerveau fait également progresser les thérapies des troubles du système nerveux central, comme la dépression, la schizophrénie, Creutzfeld-Jakob, Alzheimer ou Parkinson, des maladies qui ensemble génèrent plus d’hospitalisations et de soins continus que presque toutes les autres réunies.

Marc-André Miserez

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