Le chocolat a aussi des vertus
Avec 12 kilos par habitant en 2000, les Suisses restent les plus grands consommateurs de chocolat au monde. Paradoxalement, cette boulimie n'alarme pas les diététiciens.
«Le chocolat, c’est bon, n’en déplaise aux rabat-joie! Les études scientifiques démontrent que cette friandise n’a aucun effet néfaste sur la santé. Hormis une prise de poids», souligne Claude Pichard, médecin-chef de la division nutrition à l’hôpital universitaire de Genève
Le plus étonnant vient du fait que de récentes découvertes scientifiques confortent cette thèse: le chocolat pourrait en effet contribuer à freiner le développement des maladies cardio-vasculaires.
«Le chocolat contient des tanins du même type que ceux qui sont présents dans les thés ou les vins de Bordeaux, explique Claude Pichard. Et l’on sait aujourd’hui que ces substances permettent d’abaisser le taux de cholestérol LDL, celui qui est jugé néfaste pour notre système vasculaire.»
Le côté bienfaisant – voire apaisant – de la barre croquée entre deux stress quotidiens est souvent mis en avant par les amateurs de chocolat.
Les données scientifiques confirment-elles cette intuition? «En la matière rien n’est vraiment sûr, tempère Annie Thevenard, diététicienne à l’hôpital universitaire de Genève. Mais il se trouve que le chocolat contient bel et bien des substances susceptibles de stimuler certaines zones du cerveau.»
Un certain nombre de ces substances – la théobromine et la caféine – sont en effet reconnues pour leurs propriétés toniques et stimulantes. Mais, sous ses aspects doucereux, le chocolat dissimule aussi des compositions chimiques proches de celles des amphétamines. Des médicaments employés notamment comme excitants du système nerveux central.
Par ailleurs, le chocolat pourrait avoir des effets antidépresseurs. «Indirectement, ses sucres pourraient en effet stimuler la production de sérotonine, précise Annie Thevenard.» Un détail d’autant plus important que cette hormone naturelle joue un rôle prédominent dans la régulation du sommeil.
De ce fait, peut-on imaginer un risque de dépendance pour les adeptes du chocolat? C’est en tout cas ce que pensent la majorité des consommateurs. Et les scientifiques semblent leur donner raison.
«Les molécules du chocolat agissent au niveau des cellules cérébrales par le biais de certains récepteurs, explique Claude Pichard. Si la stimulation est jugée positive, sa reproduction est naturellement réclamée par les cellules concernées. C’est là, l’un des principes-clé de toute dépendance.»
Il fait ajouter à cela une autre forme de dépendance: elle est psychologique, liée au principe de plaisir et de récompense. Cela peut aisément déboucher sur une véritable manie du chocolat.
Le chocolat peut être bénéfique pour le moral. Mais une chose est sure, il ne fait pas bon ménage avec le régime minceur.
Vanda Janka
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