Le Conseil fédéral ne veut pas de la semaine de 36 heures
Le gouvernement helvétique a refusé mercredi l'idée d'un passage obligatoire aux 36 heures de travail par semaine, comme le réclame l´Union syndicale suisse (USS). Il craint notamment que cette mesure nuise à l'économie.
Le Conseil fédéral a rejeté sans contre-projet l’initiative populaire de l’USS intitulée «pour une durée du travail réduite». Déposée en novembre 1999 et munie de 108 000 signatures, celle-ci prévoit l’introduction graduelle d’une durée maximale du travail de 1872 heures par an, soit 36 heures par semaine, ainsi qu’une limitation des heures supplémentaires à 100 par année.
Différentes mesures d’accompagnement sont prévues, comme une aide financière de la Confédération en faveur des entreprises qui mettraient rapidement en oeuvre cette réduction.
Dans sa prise de position, le gouvernement estime tout d’abord qu’un abaissement de la durée du temps de travail est en priorité l’affaire des partenaires sociaux. En effet, ceux-ci peuvent juger au mieux si, et dans quelle mesure, une réduction pour leur branche est possible et supportable. Or, une limitation du temps de travail sur le plan constitutionnel, avec sa réglementation rigide pour tous les travailleurs, ne répondrait pas aux besoins de l’économie, juge le gouvernement.
Mais surtout, le Conseil fédéral est d’avis qu’une réduction massive de la durée du travail – elle est actuellement de 42 heures hebdomadaires – avec une garantie pour les petits et moyens revenus serait nuisible à la compétitivité de la place économique helvétique. En outre, il est très vraisemblable qu’une telle évolution conduirait à une augmentation du travail au noir.
Enfin, le gouvernement doute fortement que l’initiative puisse réduire notablement le chômage, ce qui est le but principal des initiants. L’impact sur la création d’emplois serait en effet différent selon les branches d’activité. Dans certaines, les postes libérés seraient difficilement repourvus et le manque de personnel hautement qualifié irait en s’aggravant.
Le Conseil fédéral remarque au passage que le taux de chômage a fortement régressé en Suisse depuis le lancement de l’initiative.
Olivier Pauchard
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