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Les soldats de la paix au cœur du débat

L’attitude de la Suisse a évolué, notamment avec l’envoi de Bérets jaunes en Bosnie. Keystone Archive

Quel bilan et quel avenir pour les opérations internationales de soutien à la paix? Au menu d'une conférence organisée à Zurich, ce thème est d'actualité en Suisse également. Le peuple devra, en effet, bientôt se prononcer sur l'armement des soldats suisses envoyés à l'étranger.

La conférence a réuni jeudi et vendredi, sous l’égide du Centre d’études internationales de l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich, une série de personnalités: des militaires, des responsables politiques, d’organisations internationales et des universitaires.

C’est autour du Kosovo, actualité oblige, que les discussions ont souvent tourné. Bernard Kouchner, qui, jusqu’au début de l’année, était à la tête de l’opération de l’ONU dans la région, est venu tirer un certain nombre de leçons de cette expérience.

Une tâche difficile: «Ce sont de nouvelles missions, a t-il ainsi expliqué, où l’on doit construire une administration en même temps qu’essayer d’établir la paix». Il a relevé un manque de préparation, notamment en matière de justice et police, et la nécessité d’impliquer les acteurs locaux dans les processus de décisions.

L’exemple du Kosovo illustre l’évolution, depuis la fin de la Guerre froide, des opérations internationales en faveur de la paix. Il ne s’agit plus simplement de surveiller une ligne de cessez-le-feu. Ces opérations, en se multipliant, sont également devenues beaucoup plus complexes.

C’est vrai à cause des missions qui sont assignées, comme dans le cas du Kosovo. Mais aussi à cause des participants, nombreux et variés (ONG, organisations internationales, civiles et militaires, contingents nationaux) dont les conditions d’engagement sur le terrain diffèrent.

Parallèlement, c’est aussi l’attitude de la Suisse qui a évolué avec, dès 1989 en Namibie, un engagement progressif dans ce type d’opérations. Evolution contrariée par le rejet, en 1994, du projet de casques bleus suisses, mais qui s’est poursuivie, avec l’envoi de Bérets jaunes en Bosnie et, surtout, d’une compagnie de soutien logistique au Kosovo, dès la fin 1999.

Le gouvernement voudrait d’ailleurs aller plus loin, convaincu que la Suisse doit se montrer plus solidaire en matière de sécurité internationale. Son leitmotiv est devenu la sécurité par la coopération. Mais il lui faut, pour cela, modifier la loi militaire, qui pour l’instant restreint trop strictement l’armement des soldats à l’étranger.

Une fois de plus, c’est au peuple qu’il reviendra de trancher, probablement le 10 juin prochain. Une votation cruciale pour l’avenir de la participation suisse à des opérations en faveur de la paix. «On a pu profiter jusqu’à maintenant d’une grande compréhension de la part de nos partenaires», fait remarquer Bruno Rösli, qui dirige à Berne la Division pour les opérations en faveur du maintien de la paix.

«Mais si le peuple dit clairement qu’il rejette un armement complet pour les contingent à l’étranger, poursuit le Colonel Rösli, je crains que cette compréhension s’affaiblisse beaucoup.»

Mais, même si cette hypothèse négative se réalisait, l’engagement suisse n’en resterait pas là. Kurt Spillmann, l’un des organisateurs de la conférence, en est convaincu.

«Cela ne signifierait pas le retour dans la forteresse alpine. On trouvera d’autres moyens, à caractère plus civil, commente le professeur zurichois. La Suisse fait partie du monde d’aujourd’hui. Elle ne peut plus s’abstenir.»

Pierre Gobet, Zurich

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