Pour un «vrai» service civil
Le Groupe pour une Suisse sans armée (GSsA) estime que la Suisse ne dispose toujours pas d'un service civil digne de ce nom. Il réclame donc une vraie alternative au service militaire.
Le GSsA considère qu’il existe encore beaucoup trop d’embûches sur le chemin de ceux qui veulent accomplir un service civil. D’abord, le service civil est 50% plus long que le temps passé sous les drapeaux, ce qui est injuste.
Ensuite, les candidats doivent motiver leur choix devant une commission dont les critères sont sévères. Nul n’est donc assuré de pouvoir accomplir un service civil s’il en fait la demande.
Enfin, dernier reproche, les missions accomplies par les rares personnes retenues relèvent beaucoup plus des travaux d’intérêt public du Code pénal que d’une authentique promotion de la paix.
Cette initiative se veut également une alternative à la conception militaire de la paix, c’est-à-dire à l’envoi de troupes de maintien de la paix dans les zones de conflits.
Aucune restriction
Avec leur texte, les initiants proposent un véritable service civil au service de la paix. Celui-ci pourrait être choisi sans restriction à la place du service militaire. Le service civil pour la paix contribuerait à réduire et à prévenir les conflits tant en Suisse qu’à l’étranger.
Concrètement, les volontaires disposeraient d’une formation de base et de formations spécifiques permettant la gestion non violente des conflits. Ils seraient ensuite engagés sur le terrain, à la demande d’organisations internationales et travailleraient en étroite collaboration avec les organisations locales.
Les initiants prévoient que les volontaires seront équitablement répartis entre les deux sexes. Leur formation serait financée par la Confédération et ils seraient également payés grâce aux fonds publics. Un tel engagement en faveur de la paix ne devrait par ailleurs pas compromettre leurs emplois.
Critiques à droite
Les partis de gauche sont globalement assez favorables à ce projet de service civil pour la paix. Et ils soutiennent donc l’initiative. Ils considèrent notamment que cette proposition permet un véritable choix aux objecteurs de conscience et qu’elle constitue une contribution crédible à une politique de paix.
Les partis de droite sont, en revanche, beaucoup moins enthousiastes face à cette idée de service civil pour la paix, même si elle peut être séduisante. Premier reproche: une réforme de l’actuel service civil est en préparation. L’initiative du GSsA est donc superflue.
Les opposants considèrent, d’autre part, qu’un service civil pour la paix ferait doublon avec les efforts déjà entrepris par la Suisse dans ce domaine, comme la création d’un pool de cent experts pour la promotion civile de la paix, sans compter l’action du Comité international de la Croix-Rouge.
Quant au Conseil fédéral, il propose aux citoyens de rejeter cette initiative pour les mêmes raisons.
Olivier Pauchard, Palais fédéral
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