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Premier échec pour la nouvelle loi sur le cinéma

Mardi à Lugano, la conseillère fédérale Ruth Dreifuss n'a pas réussi à convaincre les sénateurs à encourager le cinéma national... Keystone

Le Conseil des Etats a refusé mardi un projet de taxe incitative garantissant la diversité des films présentés dans les salles obscures. Marc Wehrlin - le Monsieur cinéma de l'Office fédéral de la culture - ne cache pas sa surprise ni sa déception.

«C’est très difficile de légiférer dans cette branche et de trouver un équilibre entre des mesures favorables à la diversité culturelle et la puissance économique des grands distributeurs de films et des exploitants de salle», constate, un peu amer, Marc Wehrlin.

Comme chef de la section cinéma de l’Office fédéral de la culture, il est l’un des principaux artisans de ce projet de taxe incitative qui est au centre de la nouvelle loi sur le cinéma et qui a fait l’objet d’une large consultation dans l’ensemble de la branche.

«Notre projet de taxe refuse de fixer des quotas», tient d’emblée à préciser Marc Wehrlin. En comparant des villes de même taille, il vise à inciter les distributeurs et les exploitants à suivre l’exemple de ceux qui offrent la plus grande diversité à leur public.

La taxe – un à deux francs par spectateur – n’interviendrait qu’en ultime recours, après consultation des milieux intéressés. Et elle pénaliserait les propriétaires de salles et les distributeurs les plus récalcitrants.

Le Conseil des Etats a donc refusé mardi un texte que sa commission pour la science, l’éducation et la culture avait pourtant approuvé à l’unanimité quelques semaines plus tôt.

Pour expliquer ce rejet, Marc Wehrlin souligne la relative ignorance des parlementaires: «Ce projet de loi sur le cinéma ne fait pas partie du core business des parlementaires». Des questions idéologiques – défense du libéralisme économique – et un travail de lobby des exploitants et des distributeurs ont fait le reste.

L’enjeu est pourtant de taille, comme l’explique Marc Wehrlin: «L’année dernière, 535 films américains ont étés projetés sur les écrans suisses. Seuls 40 d’entre eux ont attiré plus de 100.000 spectateurs. Les autres n’ont donc pas connu le succès commercial».

«Mais, poursuit Marc Wehrlin, comme beaucoup de ces films sont vendus en groupe, ils bloquent les salles et nuisent à la diversité des films proposés.»

Les grands distributeurs sont donc au cœur du problème. Une commission de la concurrence pour la diversité de l’offre a bien été envisagée. «Mais elle a été refusée par tout le monde», rappelle Marc Wehrlin.

Reste que ce projet de loi et de taxe n’est pas encore définitivement enterré. Il doit, en effet, encore passer devant le Conseil National.

Frédéric Burnand

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