Reconstruction du Salvador: la Suisse parie sur le long terme
Le séisme qui a frappé l´Amérique centrale suscite une forte mobilisation de l´aide internationale d´urgence. La Suisse contribue à cet élan humanitaire. Mais elle tient à garder le contrôle de son apport financier et mise sur une aide à long terme.
Plusieurs centaines de répliques ont secoué depuis samedi l’Amérique centrale, semant la peur au sein de la population du Salvador, le pays le plus affecté par le tremblement de terre.
La coopération helvétique, tout comme les autres organisations actives sur place tel que la Croix-Rouge suisse ou Caritas, tentent de répondre à cette situation d’urgence en fournissant eau potable, vivres, matelas, couvertures et bâches en plastique aux quelque 10 000 sans-abri salvadoriens.
Pour ce faire, la Croix-Rouge suisse a doublé lundi la somme qu’elle compte affecter à l’aide d’urgence, soit 200 000 francs. Cette somme s’ajoute aux 160 000 francs débloqués par le gouvernement suisse et aux 100 000 francs consentis par Caritas suisse. En outre, la Chaîne du Bonheur a ouvert un compte spécial, permettant à la population helvétique de soulager les populations sinistrées.
L’ensemble de l’aide suisse fait l’objet d’une coordination. «Depuis l’ouragan Mitch (qui a ravagé la région en 1998), nous avons un bureau commun basé au Honduras. Il est géré par les œuvres d’entraide présentes en Amérique centrale et la Confédération», précise Karl Schuler, porte-parole de la Croix-Rouge suisse.
Des représentants de l’agence de coopération helvétique et de la Croix-Rouge suisse se sont ainsi rendus dimanche au Salvador pour évaluer les besoins et canaliser les fonds versés depuis la Suisse. Pour cela, ils collaborent étroitement avec la Croix-Rouge locale qu’ils connaissent bien depuis le précédent tremblement de terre qui a ravagé le Salvador en 1986.
Les humanitaires helvétiques se refusent par contre à alimenter l’effervescence qui suit la plupart des catastrophes dans le monde. «Avec la multiplication des acteurs sur le terrain d’intervention et l’absence de coordination, il y a un risque de gaspillage», souligne Karl Schuler.
Le porte-parole de la Croix-Rouge suisse tient tout de même à faire la distinction entre des institutions bien structurées qui restent sur place bien après la catastrophe et certaines ONG motivées surtout par leur visibilité médiatique. «Ce sont souvent des organisations nord-américaines d’obédience religieuse. Elles arrivent avec les caméras de télévision et repartent dix jours après», note Karl Schuler.
L’aide helvétique, elle, se préoccupe également du long terme, autrement dit de la reconstruction dans les zones sinistrées. Et comme pour l’aide d’urgence, les Suisses tiennent à ce que l’aide fournie profite directement aux populations en détresse.
«La reconstruction implique une participation des populations concernées, explique Karl Schuler, il faut se méfier des programmes techniques parachutés du haut. Il faut au contraire intégrer la dimension sociale de ces projets pour qu’ils soient viables à long terme».
Frédéric Burnand
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