Spéculations sur un rapprochement entre Bayer et Roche
Mis à mal par le scandale de son médicament anti-cholestérol (Baycol ou Lipobay), Bayer parle d'une collaboration avec un autre groupe. Voire n'exclut pas la vente de sa division pharma. Et nombre d'analystes spéculent déjà sur un rapprochement avec Roche.
Les déboires de Bayer, l’inventeur de l’aspirine, feront-ils le bonheur de Roche? Le groupe allemand va de mal en pis depuis le retrait de son médicament anti-cholestérol qui serait à l’origine du décès d’au moins 52 patients à travers le monde.
Dans les 24 heures qui ont immédiatement suivi le retrait du Baycol, la valeur boursière de Bayer a fait une chute vertigineuse de 7 milliards d’euros. Le groupe allemand prévoit une chute de ses bénéfices de 40%. Et, pour faire face, il envisage la suppression de 4000 emplois et la fermeture de 15 usines dans le monde.
Roche acquis à toute acquisition
Manfred Schneider, président du directoire de Bayer, parle d’un changement de stratégie. Notamment dans le domaine de la production pharmaceutique. Et n’exclut pas la vente de la division pharmacie.
Une chose est sûre: Bayer – qui voulait préserver sa force et son indépendance – serait désormais prêt pour le moins à coopérer. Et, si l’on en croit Manfred Schneider, des candidats sont déjà sur les rangs.
Depuis le début des mésaventures de Bayer, le nom de Roche est sur les lèvres de tous les analystes. D’ailleurs, Franz Humer, président du Holding Roche, affirmait, mercredi à Bâle, que son groupe était ouvert à toute acquisition.
«J’ai entendu dire que Bayer était en train de réviser sa stratégie, précisait-il, mais je ne veux pas prendre position sur des rumeurs.»
Il n’empêche, selon les analystes, une alliance entre les deux groupes est tout à fait envisageable. Elle permettrait à Roche de bénéficier de la position privilégiée de Bayer sur le marché des Etats-Unis.
En contrepartie, Bayer pourrait bénéficier de l’expérience du groupe suisse qui, en juin 1998, avait dû retirer le Posicor du marché. Un médicament dont les effets secondaires n’étaient pas sans rappeler ceux du Baycol.
Michel Verrier, Berlin
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