Un club élitaire qui prône une «globalisation responsable»
Davos est, sans doute, le rendez-vous des «maîtres du monde», qui réunit businessmen et responsables politiques. Mais le Forum économique mondial cherche aussi à dépasser l’opposition qui existe entre pro et antimondialisations.
Chaque année, la réunion du Forum économique mondial est l’occasion d’un défilé de ce que le monde compte de personnalités puissantes et influentes, au premier rang desquels les chefs d’Etat et de gouvernement.
Déception sur ce plan: l’édition 2001 est moins relevée que la précédente, qui avait eu pour tête d’affiche l’ancien président des Etats-Unis Bill Clinton.
D’ailleurs, cette année, aucun représentant éminent de la toute nouvelle administration américaine ne fait le voyage de Davos, pour cause de passation de pouvoir à la Maison Blanche. En outre, des pays du G8, seul le Japon sera représenté par son Premier ministre.
Mais au total, Davos devrait réunir tout de même une bonne trentaine de chefs d’Etat et de gouvernement. Parmi eux le nouveau président mexicain, Vicente Fox, et ses homologues colombien et vénézuélien. Et, pour l’Afrique, les présidents du Nigeria, de Tanzanie, du Mozambique, du Sénégal et d’Afrique du Sud.
A noter la présence d’une forte délégation des Balkans, avec notamment le président yougoslave Vojislav Kostunica. Et la venue de Joschka Fischer, ministre allemand des Affaires étrangères, et de Laurent Fabius, ministre français de l’Economie.
Il faut y ajouter des stars du monde économique, comme Bill Gates ou Jean-Marie Messier, patron de Vivendi. Mais aussi une série d’universitaires et d’artistes tels que l’écrivain Mario Vargas Llosa, le prix Nobel de la paix Elie Wiesel ou encore Bono, chanteur du groupe de rock U2.
Les organisateurs de Davos ont aussi invité une douzaine de syndicalistes. Ainsi que des représentants d’ONG, telles que Greenpeace et Amnesty International.
Davos se veut donc ouverte tous azimuts. Mais rappelons qu’il s’agit de la réunion annuelle d’un club qui, lui, est très fermé. Fondé il y a 30 ans par le Suisse Klaus Schwab – professeur à l’université de Genève – le Forum économique mondial regroupe mille entreprises parmi les plus puissantes de la planète.
Critère de sélection: 1 milliard de dollars de chiffre d’affaires. Le montant de la cotisation annuelle est lui aussi exclusif: 25.000 francs suisses. Tout comme le ticket d’entrée à la réunion de Davos: 10.000 francs.
Mais, pour ce prix, on accède tout de même à une formidable plate-forme d’échanges, de contacts et d’idées. Un Forum qui a, par ailleurs, une grande ambition intellectuelle.
Car, si l’on en croit sa devise, les participants à la réunion de Davos oeuvrent à l’«amélioration de l’état du monde». Comment, dans ces conditions, échapper totalement au reproche d’être le rendez-vous des «maîtres du monde»?
Le Forum se défend pourtant d’être le prophète de la mondialisation. D’ailleurs, il adopte une position qui se veut plutôt critique. «La globalisation pose un certain nombre de problèmes, explique ainsi Claude Smadja, directeur opérationnel de la manifestation. Et nous savons très bien que si la globalisation n’est pas mieux gérée, mieux encadrée, elle va aboutir à des problèmes encore plus graves».
Une position que l’on retrouve dans la formulation des thèmes de la réunion de cette année. Ainsi, à Davos, on parlera de la croissance, menacée par la perspective d’un ralentissement brutal de l’économie américaine. Mais on réfléchira aussi à la manière de combler le fossé qui sépare les uns et les autres, en matière de richesses, de santé, de connaissances ou encore d’accès aux nouvelles technologies.
Pierre Gobet
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