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Un manque de lucidité politique

Selon Marie-Claire Caloz-Tschopp, la politique menée par la Suisse en matière d'asile n’est plus adaptée aux réalités sociales et économiques d’aujourd’hui. Keystone Archive

Marie-Claire Caloz-Tschopp, maître d'enseignement et de recherche de philosophie à l'Université de Genève, préconise la régularisation de tous les sans-papiers. Pour elle, cette crise illustre l'inadéquation de la législation suisse sur l'immigration et sur l'asile dans un monde globalisé.

«Nous vivons une nouvelle crise. Et, si le Conseil fédéral continue d’appliquer une politique bureaucratique et policière à l’égard des étrangers, ce ne sera pas la dernière, prédit Marie-Claire Caloz-Tschopp.

Longtemps active dans les milieux de l’asile et de l’immigration, elle constate que la politique menée par la Suisse en la matière n’est plus adaptée aux réalités sociales et économiques d’aujourd’hui. Par ailleurs, elle estime que la sensible augmentation du nombre de clandestins en Suisse durant les années nonante est le résultat direct du durcissement de la politique fédérale.

Sortir de notre enfermement

Et Marie-Claire Caloz-Tschopp de souligner les effets pervers du modèle des trois cercles. «Cette politique restrictive a fermé la porte aux immigrants de nombreux pays. Elle a exclu des saisonniers qui travaillaient régulièrement en Suisse. Ceux-là mêmes qui demandent aujourd’hui une reconnaissance de leurs droits. Une reconnaissance d’autant plus justifiée que la Suisse profite de leur force de travail.»

Cette femme engagée dénonce l’hypocrisie de toute cette affaire. Mais aussi «le manque inquiétant de lucidité politique à l’heure où l’on surfe sur la vague de la mondialisation».

«La politique migratoire de la Suisse est particulièrement influencée par le discours de Christoph Blocher», lance Marie-Claire Caloz-Tschopp. Et de souligner que le tribun de l’UDC, lui, joue habilement avec la peur de l’étranger. Tout en s’accommodant parfaitement, en sa qualité d’industriel, des privilèges et de la logique des multinationales.

Pour Marie-Claire Caloz-Tschopp, la classe politique doit désormais avoir le courage d’aborder la question de la mobilité des populations dans le contexte actuel. Soit celui de la globalisation. Et de conclure: «pour sortir de notre enfermement, il est urgent de redéfinir les liens que nous voulons entretenir avec le reste du monde.»

Propos recueillis par Vanda Janka

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