Un robot domestique illustre l’esprit d’innovation suisse
Privée de matières premières, la Suisse ne manque pas pour autant de matière grise. Jeudi à Baden, le jury du prix «Place technologique suisse 2001» a rendu son verdict. Et comme on pouvait s'y attendre, les quinze lauréats sont avant tout des étoiles de la constellation «nouvelle économie».
Curieux hasard du calendrier: le jour où le Fonds national vient rappeler qu’hommes et femmes sont encore très inégaux face aux tâches ménagères, le concours «Place technologique suisse» sacre une équipe qui travaille sur la solution possible à cet éternel problème: le majordome cybernétique, ou robot ménager.
Créée au début de l’année, BlueBotics SA est une des nombreuses start-up issues directement de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne. Si ses robots ne sont pas encore aussi stylés que le Z6PO de «Star Wars», l’un d’entre eux a connu une gloire éphémère comme concurrent pour une future mission de la NASA sur Mars.
Redescendue sur terre, cette «crevette» (c’est son nom) reste aujourd’hui l’un des robots les plus habiles à escalader les obstacles et les spécialistes promettent un grand avenir à son système de locomotion multiroues, par exemple comme support pour les chaises roulantes des handicapés.
Mais les robots de BlueBotics ne sont pas les seuls à avoir retenu l’attention du jury du prix «Place technologique suisse 2001». Pour cette huitième édition, 39 projets ou réalisations étaient en lice, soit nettement moins que l’an dernier. Les jurés ont donc dû se montrer plus sélectifs pour départager des dossiers dont tout le monde s’accorde à reconnaître l’excellent niveau.
Au final, ils sont quinze à décrocher un prix. Mis à part les pères des robots lausannois, le seul lauréat romand est une autre start-up, issue de l’université de Fribourg. LS Instruments se voit récompensée pour son nouveau système d’analyse des colloïdes, une micro-particule qui entre dans la composition des matières synthétiques.
Les Tessinois étant cette année absents du palmarès, les treize autres lauréats sont donc alémaniques. Leurs contributions à l’avancée de la technologie vont d’un nouveau modèle de spray au poivre pour l’autodéfense à une matière révolutionnaire pour les implants dentaires, en passant par toute la panoplie des innovations liées à l’Internet.
Sans surprise, ce sont justement les technologies de l’information qui se taillent la part du lion, en trustant huit des quinze prix distribués. Qu’il s’agisse d’un micro-moteur électrique pour pendules, ordinateurs ou téléphones portables, d’un programme de gestion informatisée des stocks ou d’un système de conseils en direct sur le Web, le domaine est vaste et les possibilités d’amélioration quasiment infinies.
Soutenu par les cantons, la Confédération et l’économie privée, ce prix «Place technologique suisse» entend récompenser – selon la formule de l’un des organisateurs – «des procédés ou des produits dont l’humanité aura réellement besoin». Les candidats sont jugés sur quatre critères: l’innovation technologique, l’originalité, l’état d’avancement des travaux et les chances d’arriver sur le marché.
Au fil des ans, ces récompenses ont gagné en prestige au point que les organisateurs peuvent revendiquer aujourd’hui le titre de plus important concours technologique suisse. Les lauréats se voient d’ailleurs offrir une présence à la fameuse foire de Hanovre, qui donne à leurs travaux un rayonnement international.
Dans le domaine de la recherche de pointe, le label «swiss made» est d’ailleurs de mieux en mieux reconnu au niveau planétaire, comme en témoigne un autre classement, rendu public jeudi également.
Selon l’Institute for scientific information de Philadelphie (Etats-Unis) en effet, les chercheurs suisses sont les meilleurs du monde dans sept disciplines, soit la biologie moléculaire, l’immunologie, la pharmacologie, la chimie, la physique, la botanique et les sciences de l’environnement. Palmarès impressionnant, complété par deux secondes places – en biochimie et en neurosciences – et une troisième, dans le domaine de la microbiologie.
Marc-André Miserez
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