BIT Asset Management mise sur la Suisse
Avec l'approbation par la Finma du Bitcoin Fund ETF (BBIT), BIT AM entend renforcer le lien entre finance traditionnelle et actifs numériques. La clarté du cadre réglementaire helvétique favorise l'adoption de ces derniers, selon le directeur général Dominik Oggenfuss
(Keystone-ATS) (interview par Ibtissam BENCHIKH, AWP)
AWP: quel rôle les produits d’investissement réglementés peuvent-ils jouer dans la prochaine phase de développement de BIT et, plus largement, dans l’institutionnalisation des actifs numériques ?
Dominik Oggenfuss: la Suisse s’est imposée comme un centre de référence pour les actifs numériques, grâce à la solidité de son secteur financier, à la clarté de son cadre réglementaire et à son écosystème innovant. Le lancement du premier ETF Bitcoin suisse représente une étape majeure pour notre groupe. Il témoigne de notre engagement à long terme sur le marché suisse et de notre ambition de faire le lien entre la finance traditionnelle et les technologies émergentes. Le lieu où les actifs sont détenus et la juridiction dont ils relèvent revêtent une importance croissante pour les investisseurs.
Les produits réglementés joueront un rôle de plus en plus important à mesure que l’adoption des actifs numériques s’étendra à l’ensemble du secteur financier. Les monnaies numériques devraient être plus largement acceptées grâce à des solutions destinées aux caisses de pension et à la gestion de la trésorerie des entreprises, ce qui ne sera possible que dans le cadre d’une réglementation stricte. La Suisse constitue un lieu idéal pour permettre à BIT de rester à l’avant-garde de cette évolution et de l’adoption des actifs numériques.
AWP: cinq ans après le lancement du premier fonds crypto de droit suisse approuvé par la Finma, quel bilan tirez-vous de l’évolution du marché des actifs numériques ?
DO: la classe d’actifs numériques a traversé plusieurs cycles et a gagné en reconnaissance auprès des investisseurs institutionnels. En 2025, de nombreux investisseurs initialement spéculatifs ont réduit leurs positions ou leur exposition à l’effet de levier, ce qui a entraîné une forte correction l’année dernière. Dans le même temps, davantage d’investisseurs adoptant une approche à long terme ont renforcé leur exposition à cette classe d’actifs. Au-delà de cette reconnaissance croissante, la nature de la volatilité des prix a également évolué. En 2026, le marché a fait preuve de résilience face aux chocs géopolitiques.
AWP: la réglementation suisse a joué un rôle important dans le développement des produits d’investissement liés aux cryptomonnaies. Selon vous, quels sont les principaux défis réglementaires et concurrentiels pour la Suisse face aux autres places financières internationales ?
DO: le régulateur a fait preuve de discernement et de prudence en élargissant l’éventail des produits d’investissement disponibles, tout en maintenant une forte priorité sur la protection des investisseurs qui accèdent à des produits réglementés par la Finma. Je comprends tout à fait la volonté de préserver la réputation de la Suisse en tant que valeur refuge, avec des règles et une réglementation stricte. Cette approche s’est révélée efficace, à mesure que le marché des actifs numériques a évolué et gagné en maturité, se rapprochant davantage des attentes du régulateur. Dans ce contexte, l’approbation d’un ETF Bitcoin suisse apparaît comme une prochaine étape logique, rendant un produit de qualité institutionnelle nettement plus accessible.
AWP: BIT Asset Management souhaite se positionner comme une société d’investissement spécialisée dans les «Tech-native Markets». Pourquoi cette évolution stratégique, et qu’est-ce qu’elle change concrètement dans votre approche de l’investissement ?
DO: nous assistons à une convergence entre les marchés des actifs numériques et le secteur financier traditionnel. D’une part, les acteurs natifs de l’écosystème crypto, autrefois isolés sur des plateformes largement non réglementées, sont de plus en plus soumis à une réglementation et cherchent à accéder aux marchés de capitaux traditionnels par le biais d’introductions en bourse sur le Nasdaq et d’autres places boursières. D’autre part, les institutions financières traditionnelles intègrent les actifs numériques à leur offre et adoptent la tokenisation pour des produits de fonds conventionnels.
Nous constatons également que les premières sources de cryptomonnaies évoluent vers des entreprises hybrides combinant l’IA et les cryptomonnaies, en développant fortement leurs activités dans le secteur des centres de données dédiés à l’IA. Cette évolution s’inscrit naturellement dans un contexte où bon nombre de ces entreprises disposent déjà d’une part importante des infrastructures de calcul nécessaires. Compte tenu de ces évolutions croisées, nous avons adapté notre approche afin de pouvoir fournir à nos investisseurs des analyses couvrant l’ensemble de ces secteurs, désormais de plus en plus interconnectés.
AWP: au-delà des cryptomonnaies, quels sont aujourd’hui les marchés et les technologies qui vous semblent offrir les opportunités d’investissement les plus intéressantes ?
DO: il existe de nombreuses applications fascinantes de la technologie blockchain sur les marchés traditionnels, notamment dans le domaine des prêts hypothécaires résidentiels aux États-Unis, de la logistique internationale, du financement du commerce ou encore des possibilités de financement des GPU. Notre CIO, Friedrich Herzog, met en avant ces opportunités avec conviction depuis le début de l’année 2026, et nous proposons des solutions permettant aux investisseurs institutionnels d’y accéder.
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