Brésil: Bolsonaro nie toute violation de son assignation à domicile
La défense de l'ex-président brésilien Jair Bolsonaro a nié lundi toute violation de l'interdiction d'utiliser un téléphone portable durant son assignation à résidence. Cette infraction pourrait le faire retourner en prison.
(Keystone-ATS) Les avocats ont été sommés de fournir des explications par un juge de la cour suprême après des déclarations d’Eduardo Bolsonaro, un des fils de l’ancien chef d’Etat d’extrême droite (2019-2022).
Au cours de la CPAC, la conférence annuelle du mouvement conservateur américain, qui s’est déroulée ces derniers jours au Texas, il a affirmé devant le public qu’il était en train de «montrer» la réunion à son père en la filmant avec son téléphone.
Condamné à 27 ans de réclusion pour tentative de coup d’Etat, l’ancien président a été autorisé la semaine dernière à purger sa peine à domicile pour raison de santé. Il est rentré chez lui vendredi, après deux semaines d’hospitalisation pour une bronchopneumonie.
Bracelet électronique
Or, en vertu des règles encadrant cette résidence surveillée, M. Bolsonaro, 71 ans, n’a pas le droit d’utiliser de téléphone portable ou tout autre moyen de communication avec l’extérieur, y compris par l’intermédiaire d’autres personnes.
Dans leur réponse lundi à la cour suprême, les avocats de Jair Bolsonaro affirment que leur client «respecte rigoureusement, intégralement et en permanence les règles fixées».
Pour la défense de Jair Bolsonaro, «aucune donnée objective n’indique une communication, directe ou indirecte (…), ou l’utilisation de tout moyen (de communication) interdit selon les règles de l’assignation à résidence».
L’épouse de l’ex-chef de l’Etat, Michelle Bolsonaro, a pour sa part déclaré dans un communiqué posté sur le réseau social Instagram n’avoir reçu «aucune vidéo filmée au CPAC par Eduardo Bolsonaro».
M. Bolsonaro a été condamné en septembre par la cour suprême, qui l’a reconnu coupable d’avoir conspiré pour se maintenir au pouvoir malgré sa défaite électorale de 2022 face à l’actuel président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva.
Après avoir passé une première période assigné à résidence, il avait été incarcéré en novembre pour avoir tenté d’endommager son bracelet électronique avec un fer à souder, un geste interprété par le juge comme une tentative de fuite.