Ceuta: l’espace Schengen pas «compromis» pendant la crise, assure Madrid
L'espace Schengen n'a pas été "compromis" pendant la crise migratoire à Ceuta, a assuré mardi le ministre espagnol de l'Intérieur. Au moins 72'000 migrants sont entrés dans l'enclave espagnole, avant que 70'000 d'entre eux regagnent le Maroc voisin,
(Keystone-ATS) «En aucun cas l’espace Schengen n’a été compromis dans cette crise», a défendu Fernando Grande-Marlaska lors d’un point-presse à Madrid, en réponse aux vives critiques de plusieurs dirigeants européens sur cette situation inédite dans cette enclave espagnole située en Afrique du Nord.
«L’espace Schengen n’a jamais été en danger, pas même en danger minimal», a-t-il encore affirmé, à l’issue d’une réunion extraordinaire des ministres de l’Intérieur de l’Union européenne (UE).
Le commissaire européen chargé des questions migratoires, Magnus Brunner, a de son côté estimé que cette crise a «mis à l’épreuve» la «résilience» de l’Europe: «d’une part en termes de rapidité d’action, d’autre part en matière de solidarité, mais aussi dans notre capacité à résister à la désinformation». Selon lui, l’UE a «réussi ce test».
Entrées revues à la hausse
Face aux journalistes, Fernando Grande-Marlaska a toutefois revu à la hausse le bilan des entrées au cours de cette crise, affirmant: «72’000 personnes entrées de manière irrégulière en Espagne, et déjà 70’000 en seraient sorties».
Le dernier chiffre communiqué par l’exécutif à Madrid faisait jusque-là état de 50’000 migrants entrés de manière irrégulière sur le sol espagnol, dont «la quasi-totalité» était déjà repartie au Maroc.
La crise de Ceuta a engendré des fortes tensions diplomatiques entre l’Espagne d’un côté et de nombreux pays européens de l’autre, dont l’Italie en tête, qui ont accusé le gouvernement du Premier ministre socialiste Pedro Sanchez de laxisme aux frontières de l’Europe.
«Solidarité» exigée
Lors de cette réunion extraordinaire des ministres de l’Intérieur de l’UE, qui se tenait en visioconférence, l’Espagne a demandé «la solidarité» des 26 autres Etats membres, au cours d’une discussion «constructive» et «évidemment nécessaire», selon Fernando Grande-Marlaska.
Dans ce contexte, le ministre a également requis «la levée immédiate» des contrôles temporaires mis en place notamment par l’Italie à ses frontières maritimes et aériennes, en réponse à cette crise.
Ceuta, petit territoire de 84.000 habitants situé à la pointe nord du Maroc, bordant le détroit de Gibraltar, forme l’une des deux frontières terrestres entre l’Afrique et l’Europe (avec l’autre enclave espagnole de Melilla). Il n’appartient pas à l’espace Schengen.
«Aucune personne ne peut se déplacer librement de Ceuta vers le continent. Il existe un contrôle effectif, car Ceuta relève d’un régime spécial depuis 1991», a rappelé Fernando Grande-Marlaska.