Charles Blanc-Gatti mis en lumière à l’Espace Focus du MCBA
Charles Blanc-Gatti (1890-1966) est à l'honneur de la nouvelle exposition à l'Espace Focus du Musée cantonal des Beaux-Arts (MCBA) de Lausanne. Intitulée "Les couleurs du son", elle revient sur les moments-clés de l'itinéraire créatif de l'artiste lausannois. Son exploration des liens entre la musique et les arts plastiques est à découvrir jusqu'au 17 janvier.
(Keystone-ATS) Les propositions de Charles Blanc-Gatti pour établir des correspondances entre les sons et les couleurs sont multiples: transpositions picturales, décors lumineux dynamiques, films d’animation. Ses oeuvres poursuivent toutes l’ambition d’une stimulation et d’un enrichissement de nos perceptions sensorielles, explique le musée de Plateforme 10 dans son dossier de presse.
Le Lausannois a été attiré depuis l’enfance à la fois par la musique et par les arts plastiques. Il était aussi doué d’une «synesthésie chromatique et géométrique»: à l’audition des sons, il visualisait des couleurs et des formes. Violoniste et peintre amateur, il n’a suivi aucune formation académique, est-il rappelé.
L’exposition «Les couleurs du son» s’arrête sur quatre moments emblématiques de son itinéraire. En 1931, installé à Paris, Charles Blanc-Gatti a organisé une exposition réunissant une cinquantaine d’oeuvres abstraites. Il s’agissait de transpositions picturales des visions déclenchées dans son esprit à l’écoute de morceaux de musique classique.
Extases
En 1932, il a fondé l’Association des artistes musicalistes avec les peintres Henry Valensi, Gustave Bourgogne et Vito Stracquadaini. Ces derniers partageaient sa conviction de la suprématie de la musique sur tous les arts.
Par la suite, l’artiste lausannois s’est intéressé aux nouvelles techniques d’éclairage scénique. Il a créé des décors lumineux dynamiques où des jeux de lumière colorée étaient projetés et synchronisés avec le son. Il a aussi conduit des recherches sur la peinture fluorescente.
Le tableau «L’Orchestre – 2e version» est la synthèse de sa conception du spectacle chromophonique. Il donne la clé de lecture des correspondances que Charles Blanc-Gatti établit entre les sons et les couleurs. De retour en Suisse fin 1936, l’artiste a poursuivi ses recherches dans le domaine du cinéma et produit en 1939 un film d’animation expérimental: «Chromophonie».
De multiples facteurs sont susceptibles de déclencher les visions de l’artiste. «L’éblouissement par la lumière – qu’elle soit naturelle ou spirituelle – est génératrice d’extases qu’il va représenter dans ses paysages du Léman et des Alpes valaisannes, ainsi que dans ses peintures religieuses», explique encore le musée.