Cigarette: les paquets neutres donnent moins de plaisir aux fumeurs
(Keystone-ATS) Les paquets de cigarettes neutres, introduits fin 2012 en Australie, donnent moins de plaisir aux fumeurs, selon une première évaluation de la mesure très suivie en Europe. Ils les inciteraient également à rompre avec leur addiction.
L’enquête, publiée dans la revue médicale britannique en ligne BMJ Open, a été réalisée par téléphone auprès de 536 fumeurs en novembre 2012 dans l’État australien de Victoria, à une époque transitoire où deux types de paquets étaient encore disponibles dans les commerces.
Dans le but de dissuader les fumeurs, tous les paquets de tabac vendus en Australie arborent depuis la fin de l’année passée la même couleur sombre, avec des avertissements sanitaires agrandis au-dessus du nom de la marque des cigarettes et sans aucun logo.
«Moins bonne»
Ceux qui achetaient des paquets neutres étaient nettement plus nombreux à trouver leur marque de cigarettes moins bonne qu’il y a un an (30,6%) et à juger qu’elle leur procurait moins de satisfaction qu’un an auparavant (26,2%) par rapport à ceux qui achetaient des paquets classiques (respectivement 18,1% et 14,9%).
Les fumeurs de paquets neutres étaient bien plus nombreux aussi à penser tous les jours à arrêter de fumer (36,8%) et à prévoir d’arrêter dans les trente jours (25,8%) que les fumeurs de paquets classiques (respectivement 21,8% et 18,1%).
Effet positif
Les auteurs de l’étude, chercheurs du centre de recherche sur le cancer Centre for behavioural Research in Cancer de l’État de Victoria, reconnaissent que ces résultats sont à relativiser.
«Une partie du rapport entre type de paquets et volonté d’arrêter (de fumer) peut venir du fait que ceux qui sont plus intéressés par l’arrêt du tabac sont moins susceptibles d’éviter les paquets neutres», écrivent les auteurs.
«Toutefois, même si c’est le cas, l’effet des paquets neutres sur l’arrêt de la cigarette demeure positif», jugent les chercheurs australiens, pour lesquels «les paquets neutres sont associés à une moindre attractivité de la cigarette (…) et à une plus grande volonté d’arrêter».