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Le président de la Confédération Guy Parmelin (à gauche) et son homologue italien Sergio Mattarella

La semaine en Suisse

Chères lectrices, chers lecteurs,

On pourrait penser que la plupart des pays se réjouiraient d’avoir la France et l’Italie pour voisines. Pourtant, cette semaine, le Conseil fédéral a décidé de réintroduire (temporairement) des contrôles aux frontières en raison du sommet du G7 prévu le mois prochain en France, tandis que le président de la Confédération s’est rendu à Rome pour tenter d’apaiser une tempête diplomatique à la suite du drame de Crans-Montana.

Bonne lecture!

Soldats travaillant sur des ordinateurs
Un soldat suisse travaillant sur un ordinateur en mars. La cybersécurité constitue un enjeu majeur pour l’armée suisse. Keystone / Alessandro Della Valle

La situation en matière de sécurité en Suisse et en Europe s’est nettement détériorée au cours de l’année écoulée, a relevé le gouvernement suisse dans un rapport publié mercredi.

La Russie représente la plus grande menace pour l’Europe et mène une guerre hybride faite de sabotages, de propagande et de désinformation, indique le rapport. «La Suisse est directement concernée par cette situation, par exemple à travers des cyberattaques, des activités d’espionnage et des tentatives de contournement des sanctions.»

Selon le rapport, les évolutions géopolitiques ont également des répercussions sur la sécurité intérieure de la Suisse. La menace terroriste reste dominée par le mouvement djihadiste, la radicalisation en ligne des jeunes constituant un motif de préoccupation pour les autorités de sécurité. L’extrémisme violent, tant de gauche que de droite, persiste. La menace d’espionnage qui pèse sur la Suisse est très élevée: les institutions étatiques, les organisations internationales, les entreprises et les universités figurent parmi les cibles des services de renseignement étrangers. Les infrastructures critiques sont menacées par des attaques physiques et des cyberattaques.

Dans le même temps, l’engagement des États-Unis en faveur de la sécurité et de la défense de l’Europe apparaît incertain, souligne le rapport. «Le risque d’une vulnérabilité accrue de l’Europe et de la Suisse augmentera donc dans les années à venir. C’est pourquoi les pays européens renforcent leurs capacités militaires et réduisent leurs dépendances. Les mêmes défis se posent également pour la Suisse.»

Le rapport conclut que l’«érosion de la sécurité» en Europe renforce également les attentes à l’égard de la Suisse, appelée à apporter une contribution plus importante à la sécurité du continent. «Au vu de la dégradation de la situation, le Conseil fédéral entend renforcer de manière substantielle la sécurité et la défense de la Suisse», indique-t-il.

Le président de la Confédération Guy Parmelin (à gauche) et son homologue italien Sergio Mattarella
Le président de la Confédération Guy Parmelin (à gauche) et son homologue italien Sergio Mattarella à Rome, mardi. EPA/PAOLO GIANDOTTI

Les factures hospitalières des victimes italiennes de l’incendie de Crans-Montana ne seront plus transmises aux familles, a confirmé mardi le président de la Confédération Guy Parmelin lors d’une visite à Rome. Ces factures pour le traitement de trois personnes blessées s’échelonnaient entre 17’000 et 66’800 francs et ont provoqué une véritable indignation en Italie.

La présidente du Conseil italien Giorgia Meloni avait récemment exprimé sa colère après que des factures hospitalières – et des copies de factures – ont été envoyées de Suisse vers l’Italie pour les soins prodigués aux victimes de l’incendie. Le sinistre, survenu dans une discothèque de la station de Crans-Montana, la nuit du Nouvel An, avait fait 41 morts et 115 blessés. Six ressortissants italiens avaient perdu la vie et dix autres avaient été blessés.

Par ailleurs, la Suisse prendra en charge les frais médicaux non couverts via les assurances et l’aide aux victimes. Guy Parmelin a insisté sur le fait qu’il s’agit d’une application du droit existant et d’une solution humanitaire, et non d’un geste diplomatique ou d’une indemnisation versée à l’État italien.

Bien que le Conseil fédéral n’ait pas encore formellement approuvé cet arrangement, des critiques émergent déjà au Parlement. Cyril Aellen, du Parti libéral-radical, a par exemple estimé que la Suisse «cédait aux sirènes italiennes» et risquait de payer davantage que ce que l’Italie aurait de toute façon pris en charge en retour. «Dans des cas comme celui-ci, les Italiens devraient payer pour leurs ressortissants et les Suisses pour les leurs. Cela me paraît bien plus sain», a-t-il déclaré sur les ondes de la RTS.

La République italienne a également décidé de se porter partie plaignante dans la procédure pénale et réclame au moins 300’000 euros pour le dommage subi. Pour les autorités suisses, cette demande relève exclusivement du domaine judiciaire. La Suisse ne reconnaît à ce stade aucune obligation de payer une compensation à l’État italien.

Josef Mengele et d'autres officiers SS
Josef Mengele (deuxième à partir de la gauche) aux côtés d’autres officiers SS en 1944. AP Photo/USHMM

Josef Mengele, haut responsable nazi, a‑t‑il séjourné en Suisse dans les années 1960? Le Service de renseignement de la Confédération (SRC) a annoncé cette semaine qu’il autoriserait l’accès à ses dossiers sur Mengele aux Archives fédérales suisses, après les avoir jusqu’ici bloqués.

Le Comité international d’Auschwitz a salué cette décision. Pour les survivants d’Auschwitz, Josef Mengele demeure, même plusieurs décennies plus tard, un nom qui fait frémir, a écrit son vice‑président exécutif Christoph Heubner dans une déclaration publiée mardi.

Surnommé «l’Ange de la mort», Josef Mengele était le médecin-chef du camp d’Auschwitz, où il a mené sur les détenus des expériences inhumaines, souvent mortelles. Après la guerre, il a réussi à échapper aux procès de Nuremberg et s’est enfui en Argentine. Il a échappé à toute arrestation jusqu’à sa mort par noyade au Brésil en 1979.

Malgré sa sinistre notoriété, on pense qu’il est revenu une fois en Europe comme simple touriste – et qu’il est passé par la Suisse. Plusieurs parlementaires suisses ont déposé des motions afin d’en savoir davantage sur le séjour supposé de Josef Mengele en Suisse.

Des graffitis anti G7 à Genève
Des graffitis anti G7 à Genève, le 29 avril. Keystone / Martial Trezzini

La Suisse souhaite réintroduire temporairement des contrôles aux frontières en raison du sommet du G7 qui se tiendra à Évian, en la France voisine. La mesure s’appliquera du 10 au 19 juin.

Mercredi, le Conseil fédéral a défendu sa décision, expliquant que, bien que le sommet se déroule en France, les villes suisses de Genève et de Lausanne, ainsi que l’ensemble de la région du Léman, étaient exposées à certains risques sécuritaires. Le sommet du G7 est prévu du 15 au 17 juin.

Lors de précédents sommets du G7, des affrontements violents, des perturbations et des actes de sabotage, ainsi que des dégradations de biens, ont été observés, a indiqué le gouvernement dans un communiqué. En outre, la forte concentration d’organisations internationales dans la région, conjuguée à un contexte géopolitique tendu, pose des défis supplémentaires.

Une alliance d’organisations de gauche a appelé à une grande manifestation à Genève le 14 juin. Une journée d’action, avec des tables rondes, des stands et des conférences, est également prévue la veille. Les autorités genevoises n’ont pas encore autorisé la manifestation. La coalition «NoG7» a toutefois annoncé fin avril que la mobilisation aurait lieu, avec ou sans autorisation.

La chanteuse suisse Veronica Fusaro.
Veronica Fusaro représentera la Suisse lors de l’édition 2026 du Concours eurovision de la chanson. Keystone / Andreas Becker

La semaine à venir

Les amateurs de combats de vaches ont rendez‑vous dimanche à Sion pour la finale nationale du «combat des reines».

Lundi, l’Office fédéral de la statistique publiera les données détaillées sur les condamnations pénales prononcées l’an dernier.

Le Concours Eurovision de la chanson débute mardi à Vienne. La chanteuse suisse Veronica Fusaro parviendra‑t‑elle à se qualifier pour la finale de samedi?

Jeudi marquera le coup d’envoi non seulement de Fantasy Basel – The Swiss Comic Con (la plus grande convention de culture pop en Suisse), qui dure trois jours, mais aussi de la Fête fédérale de musique à Bienne, qui s’étendra sur quatre jours.

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