Crise de la dette: le FMI fait son mea culpa sur la Grèce
(Keystone-ATS) Le Fonds monétaire international a fait son mea culpa mercredi et admis que le premier plan de sauvetage de la Grèce en 2010 s’était soldé par un échec. Le FMI tablait sur un retour de la croissance en Grèce dès 2012 et une amélioration sur le front de l’emploi.
Les faits lui ont donné tort: le pays s’enfonce actuellement dans la récession pour la sixième année consécutive avec un taux de chômage de 27%, malgré un deuxième plan d’aide international massif au printemps 2012.
«Il y a eu (…) des échecs notables. La confiance des marchés n’a pas été rétablie (…) et l’économie a été confrontée à une récession bien plus forte que prévu», a indiqué le FMI dans un rapport évaluant les résultats du plan d’aide de 110 milliards d’euros accordé à Athènes en mai 2010 en contrepartie d’un plan d’économies drastiques.
Les projections de dette publique grecque établies par le fonds ont elles aussi été balayées «dans une très large mesure», reconnaît l’institution.
Troïka mise en cause
Ce n’est pas la première fois que le FMI fait son aggiornamento sur la Grèce. En octobre, son chef économiste Olivier Blanchard avait fait sensation en admettant avoir sous-estimé les «mutiplicateurs budgétaires» qui mesurent l’impact des mesures d’austérité sur la croissance.
Mais le FMI va plus loin aujourd’hui en remettant en cause l’efficacité même de la troïka, la structure hybride qu’il forme avec la Commission européenne et la Banque centrale européenne (BCE) et qui est aujourd’hui en charge de quatre plans de sauvetage dans la zone euro.
Selon le rapport, cette cohabitation a obligé le fonds à «négocier d’abord avec les pays de la zone euro (…) et ensuite avec les autorités grecques», créant une source d'»incertitude considérable» alimentée par les hésitations et les revirements européens.