La voix de la Suisse dans le monde depuis 1935
Les meilleures histoires
Démocratie suisse
Les meilleures histoires
Restez en contact avec la Suisse
Podcast

Francophonie: la Suisse affiche sa multiculturalité

Cérémonie d'ouverture, vendredi à Beyrouth, du 9e Sommet de la Francophonie. Keystone

La Francophonie tient à Beyrouth son 9e Sommet. La Suisse y est représentée par son président, Kaspar Villiger.

La thématique du «dialogue des cultures» lui offre une nouvelle occasion d’afficher ses convictions multiculturelles.

Le président de la Confédération aura décidément donné une belle visibilité internationale à son année de présidence. En septembre, aux Nations Unies, Kaspar Villiger faisait passer la Suisse du strapontin d’observateur au siège de membre à part entière.

En octobre, au Liban, le voici, lui le Suisse alémanique originaire du canton de Lucerne, emmenant la délégation helvétique au Sommet de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

Rien de très nouveau pourtant. Un autre ministre et président germanophone, Arnold Koller, avait déjà représenté la Confédération au Sommet de Hanoi, au Vietnam, en 1997.

La diversité sur une base commune

La présence de non francophones à la tête de la délégation nationale traduit, on ne peut plus clairement, ce que Kaspar Villiger rappelait déjà à l’ONU. En d’autres termes, ce qui fait la Suisse, ce n’est pas l’unité d’une culture ou d’une langue commune, mais la volonté de ses habitants de vivre ensemble.

On peut facilement imaginer que son message à Beyrouth ne sera guère différent. A savoir qu’un peuple, pour pouvoir assumer sa diversité, a besoin de se retrouver autour d’un certain nombre de valeurs, d’attitudes et d’institutions démocratiques qui sont reconnues de tous.

Ce qui est valable pour les Helvètes l’est peut-être également pour d’autres. Certains, au cœur de la Francophonie, partagent en tout cas cette approche. Ils estiment que la Suisse offre un vrai modèle de cohabitation culturelle et qu’on ferait bien ici ou là de s’en inspirer.

La Suisse veut un bilan…

Mais la Francophonie, c’est aussi une organisation internationale, avec ses us et coutumes, ses huis clos, apartés et conciliabules en tous genres.

Dans ce cadre, Kaspar Villiger va donc être mêlé d’une manière ou d’une autre à des discussions qui ne porteront pas que sur des enjeux culturels, mais aussi et surtout sur l’actualité internationale, Irak et Proche-Orient en point de mire.

On s’attend toutefois à ce que le président de la Confédération lance aussi le débat sur le bilan effectif et les perspectives annoncées de l’Organisation de la Francophonie elle-même. Qu’a-t-elle fait, que peut-elle faire dans le décor international actuel?

…et des réformes

Lors de la dernière conférence ministérielle de l’OIF à Paris, le ministre suisse des Affaires étrangères Joseph Deiss avait déjà réclamé une réforme de l’Organisation, par ailleurs convaincu que l’opinion publique n’a d’elle que l’image d’une «nébuleuse».

En tout état de cause, une enquête suisse (publiée en mars) montrait que nombre d’Alémaniques savent peu ou prou de choses sur elle. Et que les Romands pensent langue plutôt que culture et surtout pas projet politique.

Qui dit ambition politique, dit aussi ‘leader’. De ce point de vue, Beyrouth marquera la fin du mandat de Boutros Boutros-Ghali comme secrétaire général (le premier) de la Francophonie en poste depuis 1997. Le Sommet doit en effet désigner son successeur.

L’ancien président sénégalais Abdou Diouf part favori. Et c’est une figure qui plaît à la Suisse. L’homme, son pays et le consensus dont il semble bénéficier sont de loin préférables, dit-on à Berne, à toute autre candidature de combat.

swissinfo/Bernard Weissbrodt

La Suisse a rejoint la Francophonie en 1989
Elle est membre de l’Agence de la Francophonie depuis 1996
Le total de ses contributions annuelles est d’environ 6 millions de francs
Juillet 2002: session de l’assemblée parlementaire de la Francophonie à Berne
Septembre 2002: assises de la presse francophone à Genève
Décembre 2002: conférence ministérielle de la Francophonie à Lausanne

L’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) regroupe 51 pays «ayant le français en partage»

Son secrétariat général est à Paris où elle avait organisé son premier Sommet en 1986

Son budget annuel est d’environ 180 millions d’euros

L’Agence intergouvernementale de la Francophonie (AIF) est l’organisme chargé d’exécuter les programmes décidés par les Sommets

Les plus appréciés

Les plus discutés

En conformité avec les normes du JTI

Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative

Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !

Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.

SWI swissinfo.ch - succursale de la Société suisse de radiodiffusion et télévision

SWI swissinfo.ch - succursale de la Société suisse de radiodiffusion et télévision