Le cinéma iranien séduit à Fribourg
Le Festival international de films de Fribourg s'est achevé dimanche. Quelque 26'000 spectateurs ont assisté à cette 20ème édition, mille de plus qu'en 2005.
Parmi les 19 films en compétition, c’est une production iranienne qui a séduit le jury.
Le Regard d’or du 20ème Festival international de films de Fribourg (FIFF) est décerné au film iranien «Be Ahestegi…» («Tout doucement…»), de Maziar Miri. Dix-neuf films, soit dix fictions et neuf documentaires, étaient en compétition. Et en incluant les programmes spéciaux, ce sont plus de cent films qui ont été présentés au public.
«Be Ahestegi…» a été couronné à l’unanimité par le jury international présidé par le critique et ancien directeur du Festival de Thessalonique Michel Demopoulos, a indiqué dimanche le FIFF. Cette fiction est récompensée «pour la qualité de la mise en scène explorant les divers tabous sociaux concernant les femmes en Iran».
Le Grand prix, ou Regard d’or, est doté d’un montant de 30’000 francs, dont 20’000 pour le réalisateur et 10’000 pour le producteur. «Be Ahestegi…» remporte aussi le Prix du jury FIPRESCI.
Langage radical
Le Prix spécial du jury revient à «Heremias», de Lav Diaz (Philippines), pour la «recherche d’un langage cinématographique radical et anti-conventionnel dans le but de sauvegarder une culture nationale originale». Le film taïwanais «Shen Hai» (»Blue Cha Cha»), de Cheng Wen-tang, reçoit, quant à lui, une mention pour «l’émotion condensée dans la destinée malheureuse de l’héroïne».
Le jury international a pour la première fois décerné le Prix Oikocredit, qui a été attribué au film franco-guinéen «Un matin bonne heure», de Gahité Fofana. Il a accordé une mention spéciale au troisième long-métrage d’Eric Khoo (Singapour), «Be with me», qui a aussi décroché le Prix du jury œcuménique et le Prix «Don Quijote» de la FICC.
Toujours dans la catégorie fictions, la production franco-libano-égyptienne «Dunia, kiss me not on the eyes», de Jocelyne Saab, a été doublement récompensée. Ce film a reçu le Prix du public ainsi que le Prix E-Changer du jury des jeunes.
Le Prix du documentaire a été décerné ex aequo au Japonais Yoshihiko Sumikawa pour «Taimagura Baachan» («Grand-mère de Taimagura») et à la Franco-iranienne Sara Rastegar pour «Doust» («L’Ami»). Selon le jury, présidé par le journaliste Patrick Ferla, «ces deux films racontent une rencontre humaine et poétique avec un personnage symbole de sagesse universelle».
A 2000 spectateurs du record
Avec la réouverture du cinéma Corso, haut lieu du festival fermé à la suite de l’incendie qui a détruit ses deux salles en janvier 2005, quelque 26’000 spectateurs ont fréquenté cette 20ème édition, contre 25’000 l’an dernier, selon les organisateurs. En 2004, le FIFF avait atteint l’influence record de 28’000 spectateurs.
Depuis sa création en 1980, le FIFF vise à «promouvoir une meilleure compréhension d’autres réalités et de l’Autre», avait rappelé sa nouvelle directrice administrative Franziska Burkhardt lors de la présentation de cette édition.
swissinfo et les agences
Le FIFF s’est déroulé du 12 au 19 mars
Quelque 26’000 spectateurs ont assisté à cette 20ème édition
Le FIFF avait atteint son affluence record en 2004 avec 28’000 spectateurs
La 21ème édition se déroulera du 18 au 25 mars 2007
– Le Festival de films du tiers-monde est né en Suisse romande en 1980 sur l’initiative d’œuvres d’entraide.
– L’idée était de montrer la diversité de la production cinématographique mondiale, car les films d’Asie, d’Afrique ou d’Amérique latine ne sont pratiquement jamais distribués en Suisse.
– En 1986, le festival s’installe à Fribourg, où les projections des deux éditions précédentes avaient connu le plus de succès. Dès cette date, le festival quitte les ciné-clubs et les salles paroissiales pour investir les cinémas.
– En 1992, le festival devient annuel et prend deux ans plus tard le nom de Festival international de film de Fribourg.
– Les films du FIFF sont également projetés dans plus de 30 villes de toute la Suisse et même en Italie et en Autriche.
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