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Le photographe de Che Guevara honoré



La curiosité de René Burri a amené le photographe sur les routes du monde

La curiosité de René Burri a amené le photographe sur les routes du monde

René Burri est le photographe suisse le plus connu. Son portrait de Che Guevara est l’une des photos les plus diffusées du révolutionnaire. Vendredi, il reçoit, pour l’ensemble de son œuvre, le Swiss Press Photo Lifetime Achievement Award.

Un bon ami lui a dit un jour: «Tu sais, comme photographe tu n’es pas mal du tout, mais tu en as trop fait», raconte René Burri. «Et il avait raison. Durant le temps qui me reste à vivre, je dois trier mes photos ».

Rien n’a raison de la curiosité de René Burri. Lorsque quelque chose se passe, son regard est immédiatement capté. «L’appareil photo est devenu pour moi un troisième œil. Grâce à lui, je me suis approché de choses que je n’aurais pas perçues autrement», dit René Burri. Pour lui, la photographie est un moyen de jeter des ponts entre les hommes et leur environnement.

Au-delà des montagnes

«Je ne suis par un Suisse très typique. J’ai voulu aller au-delà des montagnes. En fait, j’aime beaucoup la Suisse et j’y reviens toujours. Mais je pense qu’il faut parfois sortir de son cocon. Je suis monté sur les montagnes et ça m’a donné envie de découvrir le monde, de le conquérir. »

Le rangement de ses photos a conduit René Burri à publier le mois passé un nouvel album, sur Brasilia.

«Lorsque j’y suis allé pour la première fois, il y avait là-bas la savane, du fourbi et quelques blocs de béton» raconte-t-il. On lui doit d’avoir illustré photographiquement le développement de la capitale brésilienne, construite au milieu d’un territoire inhabité.

Brasilia, la rigueur et Le Corbusier

Brasilia a donné à René Burri la possibilité de reconstituer la naissance d’une ville. Il s’y est rendu 15 fois. «Au début, l’urbanisme était très strict. Il est né d’une idée, inspirée par le Corbusier et le Bauhaus, et l’état d’esprit qui y régnait était à la hauteur de cette ambition. Cela a donné des ailes à Oscar Niemeyer.»

Oscar Niemeyer est l’architecte brésilien qui a conçu la ville de Brasilia, inscrite en 1987 sur la liste du Patrimoine mondial de l’Unesco. Le plan de la ville représente un avion  avec des ailes arquées. Niemeyer a été l’assistant du Suisse Le Corbusier, l’architecte le plus influent du XXe siècle. René Burri entretenait aussi des relations avec Le Corbusier. Il a fait des portraits de lui dans sa vie quotidienne et des situations de travail.

« Oscar était certes un disciple de Le Corbusier. Mais il faut s’efforcer de dépasser cette image. Niemeyer a inventé la nouvelle architecture brésilienne pour le XXIe siècle.»

Dans son album, René Burri retrace méticuleusement cette éclosion. Il est frappant de voir les contrastes extrêmes entre l’architecture de béton moderne, très stricte, et les gens qui, du moins dans la première phase de construction, évoluent sans boussole dans cet univers. Les immeubles monumentaux et les échafaudages tranchent avec la vie des travailleurs qui semblent braver la modernité.

Churchill, Picasso, Ché Guevara

C’est pour des images immédiatement identifiables comme celles-ci que René Burri, qui fête ses 78 ans,  reçoit la Swiss Press Photo Lifetime Achievement Award, qui honore l’ensemble de son œuvre.

A côté des son travail de photoreporter pour différents magazines, Burri a aussi photographié de nombreuses personnalités, à commencer par Winston Churchill, dont il a fait le portrait à l’âge de 13 ans. Vinrent ensuite, comme déjà indiqué, Le Corbusier, puis Picasso, Che Guevara et bien d’autres. Son portrait le plus célèbre est celui du Che avec son cigare.

«Toujours avoir son appareil avec soi»

«Les gens pensent que Burri est devenu millionnaire grâce à cette photo du Che Guevara, mais en fait je ne reçois rien pour les boîtes d’allumettes, les T-shirts et les bouteilles de vin sur lesquels ce portrait est reproduit.

«Che Guevara était un révolutionnaire largement détesté, mais il est aujourd’hui encore vénéré par les jeunes». Burri se souvient très bien de sa rencontre avec Guevara, l’un des leaders de la révolution cubaine. «C’était un homme réaliste. Il disait qu’il avait fait la révolution, mais qu’il n’était pas cubain. Il était certes citoyen d’honneur, mais affirmait qu’il devait partir. Fidel Castro l’a d’ailleurs ensuite remercié.»

René Burri a appris son métier à l’Ecole d’arts appliqués de Zurich. Il l’exerce depuis 1956 en tant que photoreporter. Le Français Henry Cartier Bresson a été l’un de ses modèles et amis.

A propos de ce dernier, Burri raconte cette anecdote: «Une fois, je suis allé le retrouver à minuit. Il ne m’a même pas dit bonsoir, m’a examiné comme un policier et m’a demandé: «Où est l’appareil photo? Il faut toujours l’avoir avec soi. Toujours.»

René Burri

René Burri est né le 9 avril 1933 à Zurich. Il a réalisé sa première photo de personnalité – celle de Winston Churchill – à l’âge de 13 ans. Il s’est formé à partir de 1950 à l’Ecole d’arts appliqués de Zurich, notamment auprès de Hans Finsler.

A côté de ses travaux de journalisme photographique, il a aussi réalisé des films documentaires et a parfois été assistant-cameraman.

Depuis 1956, il a travaillé dans le monde entier comme photoreporter.

Depuis 1959, René Burri est membre de la célèbre agence photo Magnum.

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Traduction de l’allemand: Xavier Pellegrini, swissinfo.ch


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