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Pierre Boulez n’est plus

Le compositeur et chef d'orchestre français Pierre Boulez est décédé mardi soir à Baden-Baden en Allemagne, où il habitait. Géant de la musique contemporaine et fondateur notamment de l'Académie du Festival de Lucerne, il était âgé de 90 ans.

Avec Pierre Boulez disparaît le dernier grand représentant d’une avant-garde européenne qui, au sortir de la Seconde Guerre mondiale, a engagé la musique dans des chemins radicaux. En France, il souffrait, d’ailleurs, d’une réputation de dogmatisme et d’aridité. Fâché avec André Malraux, le ministre de la Culture du général de Gaulle, le musicien quitte la France à la fin des années 50. Il n’y reviendra que dans les années 1970, quand le président Georges Pompidou lui demande de réfléchir à un centre de recherche musicale dans le cadre du futur centre d’art moderne à Beaubourg.

Ce sera l’Ircam, qui sera bientôt doté d’un orchestre, l’Ensemble intercontemporain. Il s’agit d’un ensemble disposant d’importants moyens pour défendre le répertoire moderne. L’artiste était épris de poésie et de peinture autant que de musique. Il restera comme une des grandes figures intellectuelles de la seconde moitié du XXe siècle.

 

En décembre 1985, l’émission Tickets de première, de la Télévision suisse romande, l’avait rencontré pour évoquer notamment le climat difficile pour les compositeurs contemporains dans la France de l’après-guerre, mais également pour répondre aux accusations d’élitisme.

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Né le 26 mars 1925 à Montbrison, Pierre Boulez a fait ses études au Conservatoire de Paris. Il a alors été l’élève d’Olivier Messiaen. «Le marteau sans maître» pour contralto et six instruments, qu’il écrit entre 1953 et 1955, fonde un nouveau langage musical. Le compositeur a pris part au Festival de Lucerne depuis 1975. En 2003, il a y fondé l’Académie du Festival, fréquentée chaque année par 130 étudiants venant du monde entier se former à la musique contemporaine.

Le chef d’orchestre a presque été «un demi-dieu» pour nous, la «jeune génération», a déclaré Michael Haefliger, l’intendant du Festival de musique de Lucerne. «Nous admirions sa manière de faire, ses objectifs, qu’il ne perdait jamais de vue, qu’il s’agisse de petites ou de grandes révolutions. Oui, Pierre Boulez était un révolutionnaire et un combattant infatigable», a-t-il ajouté.

Cet inlassable bâtisseur d’institutions a également été à l’origine de la Cité de la musique (inaugurée en 1995) et de la Philharmonie de Paris, ouverte en janvier 2015 sans lui, alors qu’il était déjà malade. L’an dernier, le festival de Lucerne lui a rendu hommage pour son 90e anniversaire, avec 11 concerts.

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