Un discours du 1er août qui sort des sentiers battus
Cette année, le président de la Confédération présente ses voeux du 1er août aux Suisses de l'étranger au son d'une musique résolument moderne. Au-delà de l'aspect esthétique, Moritz Leuenberger entend ainsi promouvoir l'image d'une Suisse moderne en mutation.
La tradition veut que le message du 1er Août commence au son des cloches. Mais, cette année, rien de tel. Le choix du président socialiste s’est porté sur une musique à mi-chemin entre tradition et modernité. On y entend des cors des alpes à la sauce jazz.
Moritz Leuenberger sait bien qu’il heurte la tradition. D’ailleurs, il ajoute aussitôt dans son discours: «N’ayez crainte, comme vous le constaterez lors de votre prochaine visite en Suisse, les églises de notre patrie n’ont pas perdu leurs cloches. Mais il y a du nouveau dans l’air».
Et le président d’ajouter: «Le répertoire de l’orchestre Helvétie s’est enrichi; il comprend de nouvelle tonalité, de nouveaux instruments et de nouvelles œuvres.» Et, bien que certains s’en irritent, force est de constater que la Suisse est en pleine mutation, rappelle en substance Moritz Leuenberger.
Objectif ONU
Il ne s’agit pas, bien entendu, de jeter aux orties toutes les valeurs qui ont fait et qui font encore la Suisse – «ses valeurs intrinsèques», comme les nomme le président – telles le respect des différences culturelles ou le souci de justice sociale. Le message est donc clair: sans renier le passé, les Suisses ne doivent pas rester figés, mais évoluer avec le monde.
A première vue, rien de bien révolutionnaire donc dans ce discours du 1er Août. Toutefois, le président y donne une couleur politique en lançant, d’ores et déjà, la campagne en vue de l’adhésion de la Suisse à l’ONU.
Moritz Leuenberger considère, en effet, que la tradition de solidarité de la Suisse va de pair avec son ouverture au monde. Le pays est donc appelé à élargir son rôle sur la scène internationale, notamment en adhérant à l’Organisation des Nations Unies.
Et Moritz Leuenberger de terminer son discours comme il l’a commencé. C’est-à-dire sur une image musicale: «Le concert des nations s’enrichira d’une voix nouvelle, celle de la Suisse.»
Olivier Pauchard, Palais fédéral
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