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L’initiative «Monnaie pleine» en bref

Étant donné que le système dit de monnaie pleine n'est mis en œuvre nulle part dans le monde, même les initiateurs ne sont pas pleinement conscients des implications pratiques de leur proposition. Keystone

Le 10 juin prochain, l’électorat suisse devra se prononcer sur un sujet passionnant mais complexe: l’initiative «Monnaie pleine», qui demande un changement radical du système monétaire helvétique. Qu’est-ce qui changerait en cas d’acceptation - un scénario peu probable - de ce nouvel article constitutionnel? Voici quelques éléments de réponse.

Ce contenu a été publié le 26 avril 2018 - 10:21

Le texte soumis en votation populaire est l’œuvre d’un petit comité d’initiants qui compte parmi ses membres quatre professeurs d’économie spécialisés dans la théorie des marchés financiers.

L’objectif de l’initiative «Pour une monnaie à l’abri des crises: émission monétaire uniquement par la Banque nationale! (Initiative Monnaie pleine)»Lien externe est de réduire le risque de crises financières engendrées par les banques. Les instituts qui détenaient des prêts dits pourris en 2008/09 ont été à l’origine de la dernière crise majeure: la bulle des subprimes, partie des Etats-Unis, a provoqué un tremblement de terre dans la finance internationale.

Position de départ difficile

Aucun pays au monde n’a un système de monnaie pleine, c’est-à-dire entièrement émis par la Banque centrale – que ce soit en espèces ou en monnaie scripturale. Le débat sur la proposition soumise à votation en Suisse le 10 juin prochain est donc forcément théorique. Les promoteurs de l’initiative soulignent l’approche innovante de leur proposition.

Création de monnaie

Système actuel: les banques commerciales créent de la monnaie en accordant des prêts (crédits privés, hypothèques, prêts aux entreprises, etc.). Ainsi, à chaque fois que l’on crée de l’argent, on crée également de la dette.

Monnaie pleine: l’argent est créé exclusivement par la Banque nationale. Les banques commerciales agissent uniquement en tant que «points de distribution»: elles transfèrent l’argent de la Banque nationale aux emprunteurs.

Panique bancaire («Bank Run»)

Système actuel: Du fait de la création de monnaie par les banques, les avoirs des clients sont beaucoup plus élevés que la liquidité des instituts de crédit. Si, en cas de crise, tout le monde court au guichet pour retirer ses actifs, la banque s’effondre.

Monnaie pleine: l’argent est émis en tant que monnaie sans dette. Les banques gèrent l’ensemble de la monnaie sur les comptes comme elles gèrent actuellement les objets de valeur des clients dans leurs coffres-forts. Il n’y a donc pas de danger d’une ruée aux guichets.

En d’autres termes, même en temps de crise, les gens peuvent dormir tranquillement en ce qui concerne la valeur de leur argent. Celui-ci est toujours «plein», qu’il se trouve sur un compte en banque ou à bien au chaud sous le matelas.

Valeur de l’argent

Dans le système actuel et en cas d’acceptation de l’initiative: la valeur de l’argent est basée sur la confiance. 100 francs équivalent à 100 francs uniquement si les gens y croient. En cas de perte de confiance dans le système actuel, la monnaie scripturale perd de sa valeur car la banque privée s’effondre à la suite d’une ruée aux guichets.

Une perte de confiance soudaine est également possible avec le système monnaie pleine. Si, en cas de crise, personne n’accepte les francs émis en monnaie pleine, cet argent non plus n’a plus aucune valeur.

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