Amnesty lance une pique à la Suisse pour les expulsions de ses requérants
Amnesty International a publié, jeudi, un rapport dénonçant les violations des droits de l'homme en Europe. La Suisse n’échappe pas au regard critique de l’organisation qui rappelle la mort par asphyxie d’un jeune Palestinien, juste avant son expulsion.
Amnesty International a publié, jeudi, un rapport dénonçant les violations des droits de l’homme en Europe. La Suisse n’échappe pas au regard critique de l’organisation qui rappelle la mort par asphyxie d’un jeune Palestinien, juste avant son expulsion.
Europe: un bastion des droits humains? C’est à cette question, figurant en exergue de l’étude intitulée «Préoccupations en Europe», qu’Amnesty International tente de répondre en faisant l’inventaire des violations de droits de l’homme prévalant dans 34 pays, entre juillet et décembre 1999. Et la perspective du cinquantième anniversaire de la Convention européenne des droits de l’homme, qui sera célébré en novembre, donne un relief particulier aux piques lancées à la Suisse notamment.
Juste au moment où les autorités helvétiques s’apprêtent à procéder à l’expulsion forcée de 25 000 Kosovars, Amnesty dénonce «des méthodes de contraintes cruelles et dangereuses consistant à obstruer délibérément les voies respiratoires des victimes». Et Amnesty d’évoquer la cas de Khaled Abu Zarifeh. Bâillonné et ligoté, ce jeune Palestinien est mort le 3 mars 1999, dans une cellule de l’aéroport de Zurich-Kloten, juste avant son expulsion. Trois policiers et un médecin font actuellement l’objet d’une enquête. Par ailleurs, Amnesty dit ignorer les conclusions de l’information judiciaire, ouverte en Belgique, suite au décès par asphyxie de la jeune Semira Adamu, en septembre 1998.
«Bien que beaucoup de gens bénéficient du respect des droits de l’homme fondamentaux en Europe, certains, dont des demandeurs d’asile et des minorités religieuses et ethniques, continuent de faire l’expérience d’un autre côté de l’Europe qui va à l’encontre de son image de bastion des droits de l’homme et de la liberté», souligne Amnesty. Elle dénonce la fréquence des accusations de brutalité policière: «du Royaume-Uni à l’Azerbaidjan, des particuliers ont été victimes de coups, abus sexuels, fausses pendaisons, chocs électriques, racisme et autres traitements cruels, inhumains ou dégradants entre les mains de la police».
Par ailleurs, des cas de torture et de mauvais traitements ont été recensés dans 27 pays et des prisonniers politiques sont détenus dans quatorze pays. Amnesty critique aussi le recours à la prison pour des objecteurs de conscience dans des pays comme la Grèce et la Finlande. La Grande-Bretagne est accusée de partialité contre les demandeurs d’asile tziganes venus d’Europe centrale et de l’Est: les responsables de l’émigration soupçonnent systématiquement leurs plaintes de persécution d’être sans fondement.
Pour Amnesty international, une conclusion s’impose: «les pays européens doivent intensifier leurs efforts pour respecter les critères internationaux en matière de droits de l’homme et en finir avec l’impunité dont bénéficient la police et les forces de sécurité».
Jugurtha Aït-Ahmed
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