Blanchiment d’argent au Liechtenstein: un parlementaire sous les verrous
La police du Liechtenstein a arrêté cinq personnes, dont un député qui s'est en outre vu lever son immunité parlementaire, ce qui constitue une grande première de l'histoire du Liechtenstein depuis cent trente ans.
Gabriel Marxer, avocat et représentant du Parti bourgeois progressiste (FBPL), a été arrêté samedi. Réunis à Vaduz en séance extraordinaire le même jour, ses collègues ont en outre levé l’immunité parlementaire de M. Marxer, à sa demande du reste. Un mandat d’arrêt a donc ensuite été lancé contre lui pour escroquerie dans des affaires de placement.
Deux personnes travaillant pour des sociétés fiduciaires avaient déjà été arrêtées lors de la descente policière menée par une cinquantaine de policiers dans la nuit de jeudi à vendredi. Parmi elles, Rudolf Ritter, le frère du vice-président du gouvernement Michael Ritter. De nombreux documents et du matériel informatique ont été saisis.
Entre-temps, la police a arrêté un collaborateur de M. Ritter, ainsi qu’un autre membre d’une fiduciaire. Les prévenus sont notamment accusés de blanchiment d’argent sale, de participation à une organisation criminelle et de malversations.
Ces arrestations s’inscrivent dans le cadre des procédures ouvertes par un procureur spécial contre une douzaine de personnes, parmi lesquelles on trouve des employés de sociétés fiduciaires et des juges.
Kurt Spitzer avait été engagé en décembre dernier par le gouvernement de la Principauté pour examiner les accusations des services de renseignements allemands. Le Liechtenstein était notamment accusé d’être un «paradis pour le blanchiment de l’argent sale» d’organisations criminelles comme les cartels de drogue sud-américains ou la mafia russe.
Mais, selon le procureur spécial, les autorités et milieux économiques de la Principauté ne sont pas forcément ni systématiquement infiltrés par le crime organisé.
swissinfo avec les agences
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