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Echec à la grippe

On parle d’épidémie de grippe dès que les consultations médicales atteignent 1,5%. Keystone

Les Suisses commencent vraiment à souffrir de la grippe. Depuis deux semaines, le nombre de consultations auprès des médecins montre que le seuil épidémiologique est atteint. Mais, pour l'heure, l'épidémie reste limitée.

Les spécialistes parlent d’épidémie lorsque au moins 1,5% des consultations dans les cabinets médicaux concernent la grippe. Ce seuil a été franchi il y a deux semaines et s’approche désormais des 3,5%.

Mais si épidémie il y a, elle est timide. Ainsi, par comparaison, l’an dernier, l’apogée de l’épidémie avait été atteinte au début janvier déjà, avec un taux de contamination de 7,7%.

Pour Werner Wunderli, du Centre national Influenza, ce manque d’agressivité de la grippe s’explique par des températures élevées pour la saison. Le volume des particules virales augmente en effet dans de l’air chaud et, par conséquent, celles-ci pénètrent plus difficilement dans le nez.

Par ailleurs, en raison des températures clémentes, les appartements sont plus facilement aérés. Or, la grippe s’attaque avec prédilection aux personnes qui vivent dans des endroits surchauffés et secs. En effet, l’air sec diminue l’humidification des muqueuses qui constituent un rempart efficace contre l’irruption des virus.

A noter que le faible taux de contamination tient aussi au virus lui-même. Il était déjà présent en Suisse il y a une dizaine d’années. Ce qui a permis à de nombreuses personnes de développer des défenses naturelles contre lui. Du coup, ce sont surtout les enfants – qui n’ont encore jamais rencontré cette souche de grippe – qui sont frappés.

La multiplication des campagnes de vaccinations n’a, en revanche, rien à voir avec tout cela. «Certes, les vaccinations peuvent limiter les cas d’infection dans des endroits confinés, comme les hôpitaux ou les homes pour personnes âgées, explique Daniel Lavanchy, spécialiste de la grippe auprès de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Mais leur effet est insignifiant à l’échelle d’un pays ou d’un continent.»

«Pourtant, les campagnes de vaccination sont très utiles, ajoute Daniel Lavanchy. Elles permettent d’éviter des complications graves, voire des décès prématurés, particulièrement dans des groupes sensibles comme les aînés ou des personnes souffrant de certaines maladies chroniques».

Les Suisses sont d’ailleurs de plus en plus nombreux à se faire vacciner. Selon les chiffres de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP), environ un million de personnes l’ont été cette saison, soit deux fois plus qu’en 1996.

Mais, pour l’heure, le front de la grippe en Suisse est très calme. Pour Werner Wunderli, il est toutefois encore trop tôt pour crier victoire. La situation pourrait en effet encore changer d’ici le printemps. Les températures pourraient encore baisser. Et il n’est pas exclu qu’une nouvelle souche de grippe, l’influenza B, fasse son apparition.

Olivier Pauchard

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