En Irak, l’urgence n’est pas humanitaire
De retour de Bagdad, le président du Comité international de la Croix-Rouge écarte le risque d'une crise humanitaire.
Par contre, Jakob Kellenberger insiste sur le besoin de sécurité de la population irakienne et sur son envie de retrouver du travail.
A l’issue d’une visite de deux jours dans la capitale irakienne, le patron du CICR a dressé un tableau des besoins prioritaires de la population irakienne.
Pour se faire, Jakob Kellenberger se fonde sur ses propres observations. Mais il profite également des informations fournies par ses collaborateurs présents sur le terrain durant toute la durée de la guerre.
«Le CICR connaît bien ce pays», insiste Jakob Kellenberger. L’organisation est en effet présente en Irak depuis 1980.
Le choc des pillages
«La population irakienne a urgemment besoin de se sentir en sécurité, affirme le patron du CICR. Elle est encore sous le choc des pillages qui ont suivi la guerre.»
Lors de son entrevue avec Jay Garner – l’administrateur civil américain de l’Irak – Jakob Kellenberger a donc insisté sur le rétablissement rapide de l’ordre et de la loi.
«Il s’agit là d’un devoir majeur de la puissance occupante, clairement inscrit dans les conventions de Genève», rappelle-t-il.
Cette action incombe en premier lieu aux forces armées de la coalition anglo-américaine. «Mais, ajoute Jakob Kellenberger, elle passe aussi par la mise en place d’une administration solide.»
Une administration qui devrait permettre d’accélérer le rétablissement de l’infrastructure hospitalière, tout comme l’accès à l’eau et à l’électricité.
«Les Irakiens, poursuit le patron de l’organisation humanitaire, veulent aussi retrouver un emploi rémunéré. Et un gouvernement à même de verser des salaires permettrait de combler en partie cette attente».
Pour autant, l’organisation humanitaire n’oublie pas le sort des victimes de la guerre. «De nombreux irakiens sont toujours sans nouvelles de leurs proches morts, disparus ou prisonniers», rappelle Jakob Kellenberger.
Selon lui, l’administration civile américaine est tout à fait consciente de l’ensemble de ces priorités. «Mais, reconnaît-il, il lui faudra du temps pour y faire face.»
Une présence renforcée
En attendant, le CICR continue de renforcer ses équipes en Irak. 80 expatriés de l’organisation travaillent déjà sur place en collaboration avec plus de 400 employés locaux.
Mais le CICR n’entend pas mener l’action humanitaire seul. «Nous sommes prêts à coopérer avec d’autres organisations», précise Jakob Kellenberger.
Par ailleurs, le CICR va coordonner l’action, en Irak, des sociétés nationales du mouvement de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.
Reste que l’organisation a pris une bonne longueur d’avance sur les autres organisations humanitaires, en particulier sur celles des Nations unies.
swissinfo, Frédéric Burnand, Genève
Le CICR a cinq délégations en Irak.
Elles occupent 80 délégués expatriés et plus de 400 employés locaux.
Ils ont pour mission de veiller au respect des Conventions de Genève par la puissance occupante.
Le CICR contribue également au rétablissement des structures hospitalières et sanitaires.
L’organisation cherche aussi à informer les familles irakiennes sur le sort de leurs proches morts, disparus ou prisonniers.
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