Football: la Suisse prend l’eau
A Chypre, l'équipe nationale suisse a été battue par la Pologne 4 à 0 en match amical. La formation de Trossero a déçu. Pire: il y a de quoi être inquiet pour son avenir en Coupe du monde.
Nous sommes au début de la seconde mi-temps et la Suisse perd déjà 2 à 0 contre la Pologne. Comme si tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes, Henchoz tente un dribble de dégagement, mais se fait subtiliser la balle, alors qu’il se trouve être le dernier défenseur helvétique. Fort heureusement, les Polonais ne font pas un bon usage du cuir.
Cinq minutes plus tard, la même situation (ou presque) se reproduit devant le but suisse. Mais, cette fois dans le rectangle des seize mètres. Car, en plus de sa désinvolture, Henchoz commet une faute sur l’attaquant polonais. C’est penalty. Et 3 à 0 pour la Pologne. Toute la partie se résume dans ces deux gestes du capitaine helvétique, Séphane Henchoz.
Sans vouloir accabler outre mesure l’équipe de Suisse, force est de constater qu’elle a fait preuve d’un manque évident d’agressivité dans les duels d’homme à homme. Alors qu’elle était déjà dominée tactiquement par son adversaire.
En outre, la relance suisse, depuis derrière, fut très approximative. Tandis que la distance entre les lignes de son attaque et de sa défense est demeurée beaucoup trop importante. A se demander où se trouvait le milieu de terrain, où devaient s’imposer Celestini et Muller, en l’absence des titulaires, Sforza et Vogel.
Mais le plus important défaut de cette équipe de Suisse fut son incapacité à changer de rythme. Autrement dit, son incapacité à surprendre l’adversaire. C’est là que l’on s’aperçoit à quel point lui fait défaut un patron, avec du charisme et de l’imagination. La Suisse a pris l’eau, sans même avoir un capitaine à son bord.
Pourtant, si l’on opère un rapide flash back, l’équipe de Suisse nous semblait avoir bien négocié les vingt premières minutes de la partie, à l’image d’un Cantaluppi (le meilleur Suisse au vu de la totalité du match) conquérant, sur son couloir droit.
C’est alors qu’une double combinaison polonaise, rondement menée par le no 10 et le no 2, prirent de vitesse une défense helvétique aux abois. L’arme la plus redoutable du centre en retrait avait fait mouche. La Pologne menait 1 à 0.
La physionomie du match avait basculé en faveur des footballeurs polonais, beaucoup plus techniques et saignants que leurs homologues helvétiques. Et comme depuis ce moment-là, les Polonais ne lâchèrent plus du lest, il ne leur restait plus qu’à concrétiser leur supériorité. En trouvant le chemin des filets à trois autres reprises. Chypre? Un voyage à oublier au plus vite pour la Suisse.
Emmanuel Manzi
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