L’étau se resserre autour de Marc Biver
La Ligue suisse de hockey a déposé une plainte pénale à Zurich contre Marc Biver, patron du groupe IMG Suisse, pour «gestion déloyale.»
Voilà un épisode de plus dans le scandale qui secoue le hockey suisse depuis six mois.
En déposant une plainte pénale contre Marc Biver, patron du groupe IMG Suisse, la Ligue suisse de hockey (LSHG) vient d’ajouter un élément de plus dans un scandale retentissant qui n’en finit plus de faire des vagues.
Les instances dirigeantes du hockey accusent ouvertement Marc Biver de «gestion déloyale» dans le cadre du contrat des droits de marketing de hockey, signé entre la Ligue suisse et IMG en août 2000, puis dénoncé, à la surprise générale, en août 2001.
Une affaire juteuse
Pour rappel, le contrat signé en 2000 portait sur une somme de 64 millions de francs, répartie sur cinq ans, qu’IMG Suisse devait verser à la Ligue pour pouvoir commercialiser les droits de marketing en son nom.
Après plusieurs soupçons apparus dans la presse à l’automne 2002, le Tages-Anzeiger prouvait en décembre dernier que la somme portait en fait sur 65 millions de francs et que Werner Kohler (l’ex-président corrompu de la Ligue, à l’origine du scandale), avait reçu de Marc Biver le million supplémentaire.
Dominik Senn et sa société de marketing SSM avaient joué le rôle d’intermédiaire. Par ailleurs, au moment du rachat, Werner Kohler allouait une somme de 7,5 millions de francs à Marc Biver sous forme d’indemnités…
L’étau se resserre
L’étau se resserre aujourd’hui autour de Marc Biver: les reproches de la Ligue sont sérieux. Le boss d’IMG Suisse est accusé d’avoir versé des commissions occultes (notamment un million de francs à Werner Kohler).
Et aussi d’avoir caché l’existence de ces pots-de-vin et enfin d’avoir abusé d’une position dominante pour négocier une indemnité injustifiée (7,5 millions) au moment du rachat.
A ce jour, 5,5 millions ont déjà été versés par la Ligue à Marc Biver. «Nous voulons en tout cas stopper le versement des 2 autres millions», assure Jean Martinet, président intérimaire de la Ligue, depuis la démission forcée de Werner Kohler.
Une autre plainte
La Ligue suisse avait déjà déposé une plainte pénale contre Werner Kohler auprès du tribunal de Zurich au mois de janvier.
Elle en dépose donc une seconde contre Marc Biver et étudie sérieusement la possibilité de poursuivre Dominik Senn, qui a lui aussi reçu plusieurs commissions de un million. Reste à établir si leur versement pouvait se justifier ou non.
Une autre plainte pénale est également en cours: celle déposée pour «diffamation et atteinte à l’honneur» par Marc Biver à l’égard de Christophe Piguet, avocat lausannois et responsable des finances de la Ligue nationale.
Me Piguet fut le premier à s’opposer vigoureusement à Marc Biver et à parler ouvertement d’«escroquerie». Une tentative de conciliation a, sans surprise, échoué entre les deux hommes.
«Cette plainte pénale de Marc Biver à mon égard est une plaisanterie», ne cesse de répéter Christophe Piguet, certain de ses allégations et qui n’est pas décidé à changer de stratégie.
Et comme Marc Biver s’estime dans son bon droit, l’affaire est désormais entre les mains, d’un côté de la Ligue suisse, de l’autre du groupe IMG Europe, soit la direction qui chapeaute IMG Suisse depuis Londres et les autres filiales du continent.
swissinfo, Jonathan Hirsch
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