Sommet de Gênes: la police suisse collabore avec l’Italie
A la veille du sommet du G8 à Gênes, le débat sur la légalité des échanges d'informations entre la Suisse et l'Italie est désormais sur la place publique. Des noms d'opposants à la globalisation ont-ils été transmis? Les socialistes interpellent le préposé fédéral à la protection des données.
L’Office fédéral de la police (OFP) l’a confirmé: il collabore avec l’Italie dans le cadre du sommet du G8 à Gênes. Berne a envoyé un officier de liaison sur place, disponible pour fournir à l’Italie des informations sur des opposants à la globalisation.
Des actes violents
Ces données proviennent du système ISIS de protection de l’Etat, qui recense les personnes impliquées dans des actes violents. Selon l’ATS, Berne n’a fourni, pour le moment, que des données personnelles concernant des étrangers.
Mais les questions restent nombreuses. Forts de cette constatation, les socialistes exigent donc des éclaircissements auprès du préposé fédéral à la protection des données.
«Nous voulons savoir si la loi suisse est respectée, précise Jean-Philippe Jeannerat, porte-parole du parti socialiste. Si notre législation montre des lacunes, nous agirons sur le plan législatif en proposant les révisions indispensables.»
Quels critères de sélection
Les socialistes souhaitent notamment connaître les critères selon lesquels une personne est qualifiée d’opposant à la globalisation susceptible d’actes de violence. Autre interrogation: après le sommet, comment la Suisse va-t-elle vérifier la destruction effective par Rome des informations transmises?
Mercredi, Philipp Kronig a précisé que Berne ne peut pas contrôler la destruction par l’Italie des informations transmises par la Suisse. Selon ce chef de division à l’OFP, la collaboration entre les deux pays est basée sur la confiance mutuelle.
En outre, les fichiers établis par la police grisonne sur les opposants au dernier Forum économique de Davos n’ont pas été transmis, la manifestation n’ayant entraîné aucune violence. Les initiateurs des débordements de la manifestation de Zurich, en revanche, pourraient être concernés.
Mais les militants n’ont pas le droit d’en savoir plus. Dans ce cas précis, les données recueillies par l’OVF ne sont en effet pas soumises au droit d’accès. Et ceux qui craindraient d’être fichés ne peuvent que s’adresser au préposé à la protection des données. Si celui-ci ne pas dévoiler l’existence, ni le contenu, des fichiers de la police, il peut en revanche contrôler la légalité du travail policier.
Caroline Zuercher
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