Stop au trafic d’enfants!
Véritable fléau sur la planète, le trafic d'enfants augmente en permanence. Terre des hommes part en campagne pour combattre ce phénomène.
«La situation devient intolérable», lance Jean-Luc Pittet. Pour le secrétaire général de Terre des Hommes – Suisse, il est impératif d’agir «rapidement et sur plusieurs fronts».
Le ton est ainsi donné par Terre des Hommes. Sa campagne, lancée conjointement en Suisse et en Allemagne, démarre sous le sceau de l’ambition.
D’une durée de deux ans, elle a pour nom de baptême: «Stop trafics d’enfants». Il s’agit, dans un premier temps, de sensibiliser les populations. Ensuite de mettre sur pied des actions concrètes. Avant d’interpeller le monde politique pour modifier ou adapter des lois protégeant les enfants.
Dans les filets des trafiquants
«Ce programme devrait aider à mobiliser d’autres organisations, relève Jean-Luc Pittet. D’autant plus que, seuls, nous ne pourrons pas faire grand chose».
C’est que le problème est de taille. Et Jean-Luc Pittet d’ajouter que «deux millions d’enfants tombent chaque année dans les filets des trafiquants. Il faut prendre le problème à la source. En diminuant la pauvreté. Ce qui relève, actuellement, de la mission impossible »
«Mobiliser l’opinion publique ne sera pas la tâche la plus difficile, explique Jean-Luc Pittet. La population est en général consciente de ce problème en Europe».
Cependant, des actions symboliques seront menées dans certains magasins de Terres des Hommes. Ainsi à Berne, un compteur rappellera que toutes les quinze secondes un enfant tombe dans les mains d’un trafiquant.
En revanche, le passage à l’acte apparaît d’emblée extrêmement délicat. Pour endiguer le phénomène, il faut donc faire des choix. «Ces actions s’articuleront autour de programmes de développement économique dans les zones touchées par la misère», relève le Jean-Luc Pittet.
L’objectif visé est de permettre aux parents de gagner un peu plus d’argent. Et de pouvoir nourrir et garder leurs enfants à la maison.
Programme de réinsertion
Parallèlement, les coordinateurs de Terres des Hommes continueront leur travail de proximité dans différentes régions touchées par la pauvreté. «Une simple visite dans une famille peut tout changer», précise Jean-Luc Pittet, en citant l’exemple Albanais.
Une information simple sur le risque encouru par les parents de ne jamais revoir leurs enfants peut aider à diminuer le trafic. Un travail pédagogique peut se compléter à l’école.
La recherche d’enfants perdus dans les grandes villes est un autre exemple d’activité concrète. «Les trafiquants perdent souvent les enfants dans des grandes villes, afin qu’ils ne puissent revenir chez eux», ajoute le secrétaire.
En ce sens, des programmes de recherche et de prise en charge seront mis sur pied afin de ramener ces enfants dans leurs foyers.
Ne pas négliger l’aspect juridique du problème
«L’action auprès du monde politique est également très importante, relève Jean-Luc Pittet, aussi bien sur le plan national qu’international». Et d’ajouter: «Plus la population sera mobilisée, plus la pression sera forte pour que les gouvernements adaptent mieux leurs lois sur la protection de l’enfance».
Pour preuve, Terre des Hommes proposera au législateur fédéral d’introduire une loi avant-gardiste contre les trafiquants d’enfants. Une pression qui ne devrait pas trop poser de problème en Suisse.
«En revanche, conclut le secrétaire, il sera plus difficile de faire respecter à certains pays très pauvres, les différentes conventions existantes sur les droits de l’enfant».
Jean-Louis Thomas
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