Des drones pour observer les chauffards: St-Gall suit la Thurgovie
St-Gall est devenu le deuxième canton après la Thurgovie à introduire l'utilisation de drones dans les contrôles de vitesse sur les routes. La police cantonale a présenté vendredi aux médias ce moyen de détection des excès de vitesse, moins visible que les radars.
(Keystone-ATS) Après une phase test, des drones ont déjà été utilisés lors de six opérations de contrôles de vitesse en terres st-galloises, soit cinq fois au col du Hulftegg et une fois en aval, à Mühlrüti, dans le Toggenburg. Ils sont destinés à des zones connues pour des délits de chauffard et d’autres excès de vitesse massifs ou violations crasses du code de la route, souligne la police cantonale. Les signalements de la population peuvent aussi entraîner leur sollicitation.
Dans sa démonstration faite aux médias sur la route du même col, un drone suit en survol une voiture noire sur une longue distance. Des policiers postés au sommet du col contrôlent ensuite le véhicule et son conducteur, pendant que le drone revient à son point de départ.
Lors de leur utilisation, les drones surveillent les tronçons durant plusieurs heures et enregistrent des images de manière ciblée. Les enregistrements vidéo permettent de calculer la vitesse moyenne suspecte ou les écarts de conduite de certains véhicules sur une plus longue distance.
Contre les courses et les chauffards
De plus, les drones peuvent être engagés sur le terrain de manière flexible, sur des sites différents. Ils sont moins perceptibles pour les automobilistes en comparaison avec d’autres instruments de mesure. Les chauffards potentiels ne se rendent donc pas comptent qu’ils sont surveillés. Les dépassements interdits dans des endroits dangereux n’échappent pas non plus aux drones.
«Les gens qui roulent sciemment trop vite ou qui organisent même des courses, parcourent d’abord le tronçon pour vérifier si la police y est présente», observe Philipp Sennhauser, directeur de la police routière st-galloise. Le drone permet de les surveiller de manière plus discrète.
Une fois que le drone s’est posé, ses images sont téléchargées sur un ordinateur, puis analysées. La vitesse moyenne est alors calculée sur la base du temps de trajet d’un point A à un point B. Si ce calcul révèle un délit de chauffard, l’automobiliste est dénoncé à la justice, comme lors des contrôles utilisant des radars.
Parfois une question de vie ou de mort
En Thurgovie voisine, cet outil est utilisé par la police cantonale depuis quelques années. Aucun autre canton n’a souhaité l’introduire à ce stade pour des contrôles de vitesse.
Cette méthode mobilise, certes, des effectifs de police plus importants que les simples radars, mobiles ou non. «Mais dans un domaine où il en va d’une question de vie ou de mort, un tel engagement vaut la peine», estime Philipp Sennhauser.