Egypte: Moubarak aimerait démissionner mais craint le chaos
(Keystone-ATS) Le président égyptien Hosni Moubarak a assuré jeudi qu’il «aimerait quitter le pouvoir» mais qu’il ne peut le faire par crainte du chaos qui s’installerait alors dans son pays. Ces propos ont été rapportés par une journaliste américaine de la chaîne de télévision ABC.
Au dixième jour d’une contestation sans précédent de son pouvoir, M. Moubarak a dit qu’il «en avait assez d’être président et qu’il aimerait abandonner le pouvoir maintenant, mais qu’il ne peut le faire de peur que le pays ne sombre dans le chaos», a déclaré la journaliste d’ABC Christiane Amanpour après avoir rencontré le président pendant 20 minutes au Caire.
M. Moubarak a également déclaré qu’il ne voulait pas voir «les Egyptiens se battre entre eux», après les violences qui ont opposé ses partisans aux manifestants réclamant son départ, selon Mme Amanpour, dont les propos étaient rapportés par ABC sur son site internet.
Par ailleurs, le régime égyptien a annoncé vouloir associer les Frères musulmans, ses ennemis de toujours, à un dialogue avec l’opposition, mais ces derniers ont immédiatement rejeté l’offre.
Etranger battu à mort
Des heurts ont repris de plus belle jeudi en Egypte entre partisans et opposants au régime de Hosni Moubarak sur la place Tahrir, épicentre de la contestation au Caire. Pour la première fois, un étranger y a été battu à mort, selon des services de secours.
On ignorait dans l’immédiat l’identité ou la nationalité de cet étranger, ou par qui il a été battu. C’est la première fois depuis le début de la contestation le 25 janvier et des violents heurts entre pro et anti Moubarak mercredi qu’un étranger subit un tel sort.
En fin d’après-midi, des milliers de manifestants hostiles au régime étaient massés place Tahrir, au 10e jour d’une contestation qui risque de plonger l’Egypte dans le chaos. La communauté internationale, qui ne cesse d’appeler à l’arrêt des violences et à une transition immédiate et en douceur du pouvoir, continue d’aider ses ressortissants à quitter le pays.