Faux policiers et banquiers: sept millions soutirés depuis 2026
Lausanne et le canton de Vaud restent très touchés par le phénomène des escroqueries aux faux policiers et faux banquiers. Depuis le début de l'année, plus d'une centaine de personnes a été interpellée par les polices cantonale, municipale et communales, dont seize depuis le début octobre. Près de 2300 cas ont été recensés, dont 900 escroqueries réussies, pour un préjudice cumulé d'environ sept millions de francs.
(Keystone-ATS) «Les escroqueries aux faux policiers et aux faux banquiers, principalement dirigées contre des personnes âgées, connaissent une évolution préoccupante depuis 2022 dans le canton de Vaud», écrit jeudi la police cantonale vaudoise dans un communiqué. Depuis ce début d’année, près de 270 auteures et auteurs sont impliqués dans des escroqueries de ce type dans le canton, ajoute-t-elle.
Plus d’une centaine d’entre eux a été interpellée sur le territoire vaudois, dont 19 ont été placées en détention. Un tiers des auteures et auteurs interpellés sont des personnes domiciliées en Suisse, est-il précisé.
Uniquement pour ce début octobre, la police cantonale, les polices communales et la police municipale de Lausanne ont procédé à seize interpellations, dont cinq en Ville de Lausanne, soit un mineur et deux majeurs domiciliés dans le canton de Vaud, ainsi que deux majeurs domiciliés en France, souligne-t-elle.
Peines de prison ferme
Les investigations sont menées par la police de sûreté vaudoise et la police judiciaire de Lausanne, sous la conduite du Ministère public. Parmi les personnes interpellées, plusieurs personnes ont été condamnées, notamment à des peines de prison ferme, indique encore le communiqué.
«Ces escroqueries reposent sur une organisation criminelle structurée, qui sous-traite auprès d’opérateurs inconnus, via des applications de messageries cryptées, les appels aux victimes, la récupération de l’argent ou des objets de valeur, puis le blanchiment du butin. Cette façon de procéder permet aux commanditaires de limiter leur exposition directe, de préserver leur anonymat et confère à ces réseaux une capacité d’action à grande échelle, s’étendant à l’ensemble de la francophonie continentale», rappelle la police.
Les escrocs contactent généralement leurs victimes par téléphone en se faisant passer pour des policières ou policiers, des banquières, banquiers ou des collaboratrices ou collaborateurs d’un établissement financier. Elles et ils prétextent, par exemple, une enquête en cours, une tentative de fraude sur un compte bancaire ou la nécessité de sécuriser des valeurs.
Réflexes essentiels
En instaurant un climat d’urgence et de confiance, elles et ils cherchent à convaincre leurs interlocutrices et interlocuteurs de leur remettre de l’argent liquide, des bijoux ou des cartes bancaires, ou encore de communiquer des informations confidentielles. Dans certains cas, une ou un complice se présente directement au domicile de la victime pour récupérer les biens.
La police insiste sur quelques réflexes essentiels à avoir: ne jamais communiquer les codes NIP ou les données bancaires par téléphone; en cas d’appel suspect, raccrocher et contacter son établissement bancaire au numéro officiel figurant sur ses documents; ne rien remettre à une personne se présentant au domicile, même si elle se réclame d’une banque ou de la police; si l’on pense avoir été victime, faire bloquer immédiatement ses cartes bancaires et déposer plainte.