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A Mexico, la Suisse veut sauver Doha

Luzius Wasescha, délégué du Conseil fédéral aux accords commerciaux. Keystone Archive

A deux mois de la conférence de l'OMC à Doha, Pascal Couchepin participe cette fin de semaine à une réunion ministérielle restreinte à Mexico. Les ministres vont tenter d'aplanir une partie des obstacles qui empêchent toujours le lancement d'un nouveau cycle de négociations commerciales.

«Nous participons à cette réunion restreinte en raison de notre rôle actif au sein de l’OMC. Nous figurons également parmi les 20 premières puissances économiques de la planète», justifie Luzius Wasescha avant son départ pour Mexico.

Prendre en compte l’environnement

Le délégué du Conseil fédéral aux accords commerciaux va en effet accompagner le ministre de l’Economie Pascal Couchepin avec son collègue Pierre-Louis Girard, représentant permanent de la Suisse auprès de l’OMC et de l’AELE.

Ils retrouveront Pascal Lamy, commissaire européen au commerce, et les ministres d’une vingtaine de pays, des plus pauvres comme le Bangladesh ou la Tanzanie aux plus riches comme les Etats-Unis, en passant par les grands exportateurs agricoles comme le Brésil et sans oublier les leaders du Sud que sont l’Inde ou l’Egypte.

La délégation suisse va insister sur deux sujets dans lesquels elle s’est particulièrement impliquée: la question du commerce et de l’environnement et la mise en œuvre des accords commerciaux existants. Deux thèmes qui continuent de diviser fortement les membres de l’OMC.

«En ce qui concerne le commerce et l’environnement, nous venons de terminer un texte qui clarifie les positions des uns et des autres. Ce texte permettra au président de la réunion de mener ses consultations sur cette question», précise Luzius Wasescha.

La Suisse, la Norvège et l’Union européenne sont en effet favorables à ce que ce thème figure au menu de Doha. Ce groupe de pays soutient en particulier l’idée que les traités internationaux qui concernent l’environnement soient pris en compte par l’OMC. Ils soutiennent également l’idée du marquage et de l’étiquetage précis des produits agricoles.

Principe de précaution

Enfin, la Suisse, comme les autres membres du groupe, pousse également pour que le principe de précaution reconnu par l’OMC dans le domaine de la santé publique soit élargi aux impératifs écologiques.

Or la plupart des pays en développement et les grands exportateurs de produits agricoles y voient des mesures protectionnistes. Ce que conteste avec la dernière énergie la Suisse.

Avec l’aide d’experts de six autres pays, les collaborateurs de Pascal Couchepin ont également défriché la question de la mise en œuvre des accords commerciaux passés. Un domaine pour lequel les pays en développement ont présenté un vaste éventail de revendications.

En plus de ces deux thèmes sensibles, la réunion de Mexico abordera trois autres sujets qui risquent également de compromettre le résultat des négociations à Doha: l’agriculture, les règles de l’OMC et les thèmes nouveaux tels que l’investissement et la concurrence.

Ne pas répéter Seattle

«Si nous pouvons en rester à l’identification de ces cinq points controversés, l’affaire est gérable. Si, sur chaque détail, les délégations rajoutent des points à négocier dans les semaines qui viennent, nous serions dans le même cas de figure qu’à Seattle», avertit Luzius Wasescha.

La rencontre de Mexico n’est d’ailleurs pas sans rappeler une réunion de la dernière chance organisée par la Suisse il y a deux ans à Lausanne, avant donc le sommet de Seattle.

Luzius Wasescha se souvient: «Le groupe restreint de ministres était tombé d’accord pour que les négociateurs fassent preuve d’une plus grande souplesse. Mais ce mot d’ordre n’a pas été transmis dans les faits».

Cette fois, le message passera, selon le négociateur suisse qui conserve un optimisme mesuré: «L’acquis de l’OMC est déjà formidable et aucun gouvernement n’a intérêt à le diluer. Il y a également une prise de conscience plus ou moins forte pour maintenir cet acquis, il faut continuer d’avancer au sein de l’OMC».

Frédéric Burnand

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