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Comment stopper la prolifération des sangliers

4000 sangliers ont été abattus l'an dernier en Suisse. Keystone

L'Office fédéral de l'environnement, des forêts et du paysage (OFEFP) a décidé de prendre des mesures pour stopper la prolifération des sangliers. Le montant des dégâts causés aux cultures a doublé en une année. Il est estimé à 2,3 millions de francs.

A noter également que plus de 4000 sangliers ont été tirés en Suisse l’an dernier, soit 1000 de plus qu’en 1999.

Publiés jeudi par l’OFEFP, «ces chiffres sont les plus élevés de ces soixante-dix dernières années», explique Francesca Balmelli, biologiste à l’Office fédéral de l’environnement, des forêts et du paysage.

Et d’ajouter: «Malgré le nombre de bêtes tuées, les dégâts ont tout de même augmenté. On suppose qu’il y a eu une prolifération du nombre de sangliers. Pour autant, il nous est difficile, pour l’heure, de savoir précisément quelle est l’importance de l’augmentation du cheptel en Suisse».

Quasi certaine, cette prolifération reste pourtant difficile à expliquer. «Durant des années, nous étions persuadés que l’augmentation des cultures de maïs pouvait en être la cause, explique Francesca Balmelli. Or, aujourd’hui, les cultures de maïs sont stabilisées, voire en diminution.»

Dans ces conditions, il faut aller chercher d’autres hypothèses. «Les années de grandes fructifications chez le chêne et le hêtre provoquent un excès de glands et de faînes (fruit du chêne et du hêtre), soit une grande quantité de nourriture pour les sangliers.» Et, pour Francesca Balmelli, ceci explique peut-être cela.

Conséquences de la prolifération supposée: les sangliers s’aventurent sur de nouveaux territoires. Fait inhabituel, ils grimperaient même dans les montagnes.

Mesures à prendre rapidement

Sans parler encore de mesures drastiques, l’Office fédéral de l’environnement veut réagir très rapidement. «Il faut le faire, avant que la situation devienne critique, explique la biologiste. Nous avons décidé de créer trois groupes de travail.»

Le premier groupe examinera avec les chasseurs la possibilité d’augmenter les tirs de régulations, dans le respect de la Loi fédérale sur la chasse. Des chasseurs qui sont effectivement très concernés car ils participent aux frais engendrés par les destructions des cultures.

Le deuxième groupe de travail, lui, collaborera avec les agriculteurs. «Pour se prémunir contre les sangliers, affirme Francesca Balmelli, les paysans devraient augmenter la distance qui sépare leurs cultures des forêts.» Quant aux clôtures électriques, elles sont certes efficaces, mais plus coûteuses que les dégâts occasionnés.

Enfin, le troisième groupe travaillera étroitement avec les vétérinaires. En effet, outre les dégâts agricoles, les sangliers peuvent être le vecteur de plusieurs maladies.

«Des cas de fièvre porcine ont été remarqués sur des sangliers, confirme la biologiste. Si ce n’est pas dangereux pour l’homme, ça l’est pour les porcs domestiques.»

Jean-Louis Thomas

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