Contrôle aérien: Skyguide prend son envol
Le regroupement des contrôles aériens civils et militaires en une seule société est désormais une réalité: le Conseil fédéral a adopté mercredi les bases légales qui créent Skyguide, avec effet rétroactif au 1er janvier. Cette entité sera totalement opérationnelle à la fin 2003.
Comment éviter les fréquents retards des avions civils? C’est pour faire face à la croissance du trafic aérien que les autorités helvétiques ont décidé ce regroupement, en août 1999.
En effet, les aires d’entraînement des avions militaires étaient jusqu’à présent définies pour une journée. Les civils n’avaient alors plus le droit d’utiliser les zones délimitées. La priorité était, en quelque sorte, donnée aux militaires.
Le système qui se met actuellement en place inverse les priorités. «Désormais, les militaires se plieront aux exigences des civils, confirme Urs Lauener, à l’Office fédéral de l’aviation civile (OFAC). Cela nous permettra une plus grande flexibilité».
Si les civils sortent largement gagnants, cette solution présente un avantage pour l’armée. Elle offre aux militaires la possibilité d’utiliser des espaces d’entraînement plus grands. Une nécessité, en raison de la modernisation de la flotte.
Mercredi, le Conseil fédéral a donc fait un pas de plus dans cette intégration, en approuvant les modifications de deux ordonnances sur le trafic aérien helvétique.
Les statuts de l’ancienne société Swisscontrol, société anonyme pour les services de la navigation, ont été adaptés à la situation. Désormais, les services de la navigation aérienne suisse s’appellent officiellement Skyguide.
Comme Swisscontrol, Skyguide est une société anonyme d’économie mixte, dans laquelle la Confédération reste majoritaire. Elle n’est pas orientée sur le profit. Son conseil d’administration avait déjà été désigné en mai 2000 – les parties civiles et militaires y sont représentées.
Ce rapprochement, le premier en Europe, doit être réalisé jusqu’à la fin 2003. «Nous avons déjà fait les premiers pas en commandant des systèmes de contrôle communs», se réjouit Urs Lauener.
Désormais, la priorité est à la création d’un centre commun à Dübendorf. Celui-ci accueillera sous un même toit les contrôleurs aériens de l’aéroport de Zurich et ceux de Dübendorf, qui travaillent pour l’armée.
Mais la direction restera suisse romande, sur le site de Swisscontrol. Dans son communiqué de presse, la Confédération ajoute que Skyguide «conserve la possibilité de développer et d’appliquer de nouvelles stratégies, telle que la mise en place à Genève d’un centre de contrôle commun avec la France».
Caroline Zuercher
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