Des piles qui valent de l’or
Grâce à un procédé révolutionnaire, la société genevoise Team Orion est devenue le numéro un mondial dans le secteur des voitures électriques radiocommandées. Elle réalise plus de 20 millions de francs de chiffre d'affaires en vendant des batteries.
C’est l’histoire d’une passion de gosse qui se transforme en ‘success story’. En 1979, Philippe Neidhart a 12 ans lorsqu’il reçoit comme cadeau de Noël une voiture électrique radiocommandée. Avec sa BMW miniature, il participe à quelques courses et devient champion de Suisse en 1987.
Mais au championnat du monde, il termine seulement 87ème sur 120. Frustré, il découvre que son pilotage n’est pas en cause, ses concurrents possèdent simplement des batteries plus performantes.
Les courses de voitures radiocommandées durent cinq minutes. Pendant ce laps de temps, il faut disposer du plus d’énergie possible. Composée de six piles rechargeables, une batterie de compétition doit absolument être formée avec des éléments identiques. Le problème, c’est que d’une pile à l’autre, la capacité peut varier de 30 pour cent et seul un test pièce par pièce permet de définir ses qualités.
Philippe Neidhart se transforme alors en entrepreneur en fondant Team Orion. Dès 1988, la société commercialise des batteries homogènes dont tous les éléments ont été testés. Sur chaque pile, une étiquette indique sa capacité et son voltage.
Avec l’aide de physiciens du Cern, Philippe Neidhart développe une machine qui permet d’optimiser le rendement des piles en augmentant leur voltage. Baptisé V-Max, ce procédé secret accroît d’environ 5 pour cent la puissance d’un élément. Un avantage déterminant en compétition.
L’entreprise vend de la valeur ajoutée pure. Elle ne fabrique pas de piles, mais se contente de les tester et de les rassembler en fonction de leurs caractéristiques. Elle propose ensuite ces batteries haut de gamme aux distributeurs.
Grâce à cet atout concurrentiel, les résultats financiers de Team Orion explosent. Un pack de six piles améliorées est vendu dans le commerce à environ 170 francs, contre seulement 60 francs pour un set classique.
Aujourd’hui Team Orion occupe 60 personnes à Genève, aux Etats-Unis et au Japon, et réalise un chiffre d’affaires d’environ 20 millions de francs.
Les modèles réduits sont un concentré de haute technologie. Construites avec des matériaux high-tech comme le titane, les voitures disposent d’électronique embarquée. Dans les stands, des ordinateurs analysent les performances. Bref, c’est le monde de la Formule 1 en miniature.
Les courses de ces petits bolides servent de banc d’essai pour l’industrie des batteries. Les fabricants testent leurs nouveaux produits lors des compétitions avant de les commercialiser pour des articles d’usage courant comme les perceuses électriques ou les téléphones sans fil.
Luigino Canal
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