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Fusions au Japon: les banques suisses à la traîne

Dans le domaine encore peu développé des fusions et acquisitions au Japon, les banques suisses possèdent une expérience que leurs rivales japonaises n'ont pas. Mais, selon une étude de Thomson Financial publiée, vendredi, à Tokyo, elles sont surclassées par les grandes banques américaines.

En l’an 2000, la valeur totale des fusions et acquisitions d’entreprises au Japon a atteint 138 milliards de dollars, en recul de 8% par rapport à 1999, une année record.

C’est un domaine des plus lucratifs pour les banques étrangères qui conseillent acheteurs ou vendeurs. L’un des rares du marché financier japonais qu’elles dominent. En effet, d’après l’étude de Thomson Financial, sur les dix banques les plus actives l’an dernier, huit étaient étrangères.

Credit Suisse First Boston, la banque d’affaires du groupe financier suisse, occupe le neuvième rang. Elle a conclu six fusions ou acquisitions pour un montant de 10,4 milliards de dollars.

L’une de ses affaires les plus importantes menées de concert avec Goldman Sachs et Salomon Smith Barney concerne l’entrée de NTT DoCoMo, le géant japonais de la téléphonie mobile, dans le capital de l’américain ATT Wireless à la hauteur de 9,8 milliards de dollars.

L’UBS ne figure pas parmi les dix premières banques étrangères ou japonaises qui se sont arrogé, en 2000, la part du lion du marché des acquisitions impliquant des entreprises japonaises. Ce n’est, pourtant, pas faute de moyens.

En effet, l’UBS est l’une des banques européennes à Tokyo qui emploie le plus grand nombre de personnes. Et son département de fusions et acquisitions compte certains des meilleurs professionnels de la place. Malgré tout, la banque suisse est mieux placée (12ème) au classement de Thomson Financial que la plupart de ses concurrentes japonaises.

«Nous avons l’expérience que nos rivaux japonais n’ont pas. Et dans les affaires transnationales comme celles entre NTT DoCoMo et ATT Wireless, franchement, les banques japonaises ne sont pas à la hauteur», estime un responsable de Merrill Lynch à Tokyo.

Ces dernières années, Goldman Sachs, Merrill Lynch, Morgan Stanley Dean Witter, ont réussi à faire des fusions et acquisitions japonaises une chasse gardée américaine.

Chacune d’entre elles a réalisé, tant en volume qu’en valeur, trois à quatre fois plus d’affaires que les deux banques suisses.

La question qui se pose pour le Credit Suisse et l’UBS est de savoir combien de temps encore cette emprise étrangère durera. La société de conseils Pricewaterhouse Coopers répond que les banques étrangères ne connaîtront plus des années aussi fastes.

«Les grandes affaires transnationales sont en forte baisse, note-t-elle. Le marché est déjà beaucoup plus domestique. Il profite donc aux banques japonaises qui entretiennent des rapports privilégiés avec leurs entreprises».

Ce n’est pas une bonne nouvelle pour l’UBS et le Credit Suisse. Ces dix dernières années, les deux banques suisses ont énormément augmenté leur présence au Japon. Et les fusions et acquisitions sont l’un des rares secteurs d’activité où elles gagnent de l’argent.

Georges Baumgartner, Tokyo

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