Kaspar Villiger pratique la politique de l’écureuil
Bonne nouvelle: le Conseil fédéral prévoit un excédent de recettes de 350 millions dans le budget 2002. Cette année, les comptes devraient aussi afficher un résultat meilleur que prévu. Mais, le ministre des Finances Kaspar Villiger préconise la prudence.
«Les finances nationales ne sont pas une catastrophe, mais elles pourraient aller mieux.» C’est ainsi que le conseiller fédéral a conclu mercredi sa présentation du budget 2002 et le plan financier 2003-2005.
Pas de miracle comme l’an passé
Quelques chiffres, tout d’abord. Selon le budget auquel le chef du Département fédéral des finances (DFF) a apporté les dernières retouches, l’année 2002 devrait se terminer sur un excédent de recettes de 350 millions de francs.
La suite est moins plaisante: un déficit de 600 millions est attendu pour 2003, puis de 400 millions en 2004. Le retour aux chiffres noirs est annoncé pour 2005, avec un nouvel excédent de 800 millions.
Mais avant cela, place au compte 2001! Tout d’abord, le miracle de l’an dernier (un excédent record de 4,55 milliards de francs, au lieu du déficit annoncé de 1,84 milliard) ne se reproduira plus. Une consolation tout de même: selon Kaspar Villiger, l’excédent du compte 2001 dépassera de loin les 18 millions budgétisés.
Un patient convalescent
Ces chiffres ne font pas pour autant le bonheur du ministre des Finances, selon lequel: «l’assainissement durable des finances fédérales n’est pas encore assuré». Ou, en termes plus médicaux, «la guérison est en bonne voie, mais le patient est encore convalescent».
Kaspar Villiger choisit la plus grande prudence. Et ce d’autant plus que les chiffres du budget et du plan financier se basent sur une poursuite de la croissance économique et sur une situation favorable de l’emploi. Or, le risque d’un tassement conjoncturel, et donc de pertes, a augmenté.
Le remède préconisé par Kaspar Villiger? Il demande au Parlement de renoncer à supprimer la part de 17% de la Confédération au pour cent supplémentaire de la TVA, perçu depuis 1999 en faveur de l’AVS.
En conservant cette part de l’impôt indirect, la Confédération pourrait éviter des dépenses supplémentaires de 400 millions pour l’AVS dès 2003. Pour mémoire, cette suppression a déjà été votée par le National. Mais les Etats doivent encore se prononcer.
En outre, le gouvernement s’oppose aussi à de nouvelles réductions d’impôts. Pas question, non plus, de prévoir des investissements supplémentaires. Au contraire, la bonne conjoncture doit permettre de réduire la dette.
Caroline Zuercher
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