La Chine punit Credit Suisse First Boston
La sanction est tombée comme un couperet. La Chine a exclu Credit Suisse First Boston (CSFB) de tous futurs contrats. La banque d'affaires du groupe financier suisse a en effet irrité Pékin en invitant de hauts responsables de Taiwan à participer à deux conférences internationales.
En guise de première sanction, Credit Suisse First Boston est éliminé d’un syndicat international chargé d’assurer le placement de titres d’Unicom Group, le deuxième groupe de télécoms chinois. CSFB avait été choisi pour s’occuper de la vente de titres auprès d’investisseurs américains.
Mauvaise nouvelle
C’est une mauvaise nouvelle pour la banque d’affaires du groupe financier suisse. Selon ses propres estimations, la Chine représentera, à elle seule, près de la moitie des quelque 25 milliards de dollars de nouvelles actions qui devraient être émises cette année en Asie.
C’est l’un des marchés au monde à connaître la plus forte expansion pour ce genre d’activité sur titres. Les banques d’affaires étrangères sont d’autant plus intéressées de lever des fonds en bourse pour les entreprises chinoises qu’elles souffrent du ralentissement de l’activité aux Etats-Unis et en Europe.
Il y a quelques jours, le groupe Credit Suisse a accusé une chute de 23% de son bénéfice net au deuxième trimestre 2001 par rapport à la période correspondante de l’an dernier.
Les problèmes de CSFB ont commencé en mars dernier lorsqu’il a invité le ministre des Finances de Taiwan à se joindre à une conférence privée à Hong Kong. La présence de Yen Ching-chang a été d’autant plus mal appréciée par Pékin que la banque suisse avait oublié de mentionner dans ses présentations qu’aux yeux des autorités communistes Taiwan est partie intégrante du territoire chinois.
Taiwan, une province rebelle
Cet été, CSFB a aggravé son cas en mettant sur pied un voyage dans cinq pays d’Europe pour promouvoir l’économie et les entreprises de l’île nationaliste chinoise.
D’après l’Asian Wall Street Journal, au moins une douzaine de chef d’entreprises taiwanais, plus le ministre des Finances M. Yen relevèrent de leur présence cette tournée européenne.
La décision de ne plus traiter avec le Credit Suisse aurait été prise au plus haut niveau de l’Etat chinois. Ses dirigeants considèrent Taiwan comme une province rebelle depuis la fin de la guerre civile chinoise en 1949.
La Chine a toujours tenté d’isoler Taiwan au sein de la communauté internationale. Il arrive aussi qu’elle sanctionne les multinationales qui prêtent trop ouvertement leurs services au gouvernement et aux firmes de l’île nationaliste.
Georges Baumgartner
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