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La fin des vaches grasses pour les employés de banques

Les salaires d’engagements sont aussi revus à la baisse. Keystone

Après les licenciements massifs annoncés ces derniers mois par le secteur industriel, c'est autour du monde bancaire d'être touché. Frappées par la chute continue des marchés boursiers, les banques genevoises sont en train de freiner les engagements ou de réduire leur effectif.

Cet été, il n’y a pas que la canicule qui fait transpirer les employés de banques. Depuis quelques mois, les bruits de suppression de poste, voire de licenciements, se multiplient aux seins des établissements genevois qui jusqu’ici embauchaient à tour de bras. Mais la baisse des Bourses mondiales observée depuis plus d’un an commence à laisser des traces dans les comptes.

La fête est finie

Une première confirmation de ce renversement de tendance est venue de l’Union Bancaire Privée (UBP). Une banque qui a augmenté son effectif d’environ 200 personnes ces deux dernières années. Aujourd’hui, comme les revenus ne suivent pas, elle doit se redimensionner. D’ici à la fin de l’année, l’UBP devrait réduire de 10% ses employés, à 900 personnes.

Chez les banquiers privés, Lombard Odier, Pictet ou Darier Hentsch, on observe pour l’instant simplement un frein dans les engagements. «Mon dossier de candidature est jugé intéressant, mais les responsables des ressources humaines m’expliquent qu’ils engagent de manière très sélective, en ne choisissant que le meilleur pour chaque poste vacant», précise une candidate qui a fait circuler son CV sur la place financière genevoise.

Comme les banquiers privés ont une stratégie de gestion plus conservatrice que la plupart de leurs concurrents, il souffre un peu moins de la baisse des cours. Mais, après presque dix ans de croissance boursière, l’euphorie est terminée. Résultat, la maîtrise des coûts est devenue le maître mot dans toutes les banques.

Les nouveaux venus engagent encore

Il y a encore une demande pour des postes très pointus, notamment dans l’informatique bancaire. En revanche, les simples gestionnaires de fortune, une spécialité des établissements du bout du Léman, peinent à trouver une place.

Quant aux bonus mirobolants octroyés aux employés en fonction des bénéfices, ils ont été mis aux oubliettes. Les salaires d’engagements sont aussi revus à la baisse.

Pourtant, la place financière genevoise vit toujours des heures fastes. Plusieurs banques suisses et étrangères, comme Sarasin ou la Deutsche Bank, sont en train de développer à Genève leur structure pour la gestion de fortune. Des établissements qui embauchent encore. Reste à savoir pour combien de temps. Si la crise des marchés financiers persiste, toutes les banques devront tôt ou tard réduire la voilure.

Luigino Canal

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